Il existe, dans les Weppes, une catégorie de communes qu’on décrit mal : ni village de six cents âmes, ni ville-centre. Des bourgs intermédiaires, assez grands pour avoir des services, assez petits pour que tout le monde se croise. Salomé en est l’exemple type.
Environ 3 182 habitants sur 5,3 km², code postal 59496. Le maire est Vincent Delautre et le site municipal est mairie-salome.fr. La commune se situe entre Hantay, Illies et La Bassée.
Une position de charnière
Salomé occupe une place stratégique dans la géographie du sud des Weppes. À quelques kilomètres, La Bassée et ses 6 650 habitants concentrent commerces, services et équipements pour tout le sud du territoire. Autour, une constellation de villages : Hantay (1 244 habitants), Illies (1 712), Wicres (581).
Salomé se situe entre les deux. Elle propose plus qu’un village — commerces, associations, équipements — sans prétendre au rôle de pôle. C’est ce que l’on appelle un pôle de proximité : le niveau intermédiaire qui évite aux habitants des villages voisins de tout faire à La Bassée ou à Lille.
Cette fonction est fragile. Elle dépend de la survie de quelques commerces, sujet que nous avons traité dans Marchés et commerces des Weppes.
Une église des années 1920, une chapelle de comte
Le patrimoine de Salomé tient en deux éléments, et tous deux racontent quelque chose.
L’église Saint-Vaast a été reconstruite dans les années 1920. Elle appartient donc à la grande vague de chantiers d’après-guerre qui a redessiné les Weppes : Hantay entre 1922 et 1928, Escobecques en 1927, Bois-Grenier en 1926, Wicres restaurée dès 1920, Illies relevée en néo-gothique. Le dossier complet est dans Clochers reconstruits du plat pays.
La chapelle du Comte d’Hespel est plus singulière. Une chapelle privée portant un nom de famille noble signale une présence seigneuriale ou notabiliaire durable — la famille d’Hespel est bien connue dans le Nord. Ces édifices de fondation privée constituent un patrimoine à part : ni tout à fait public, ni tout à fait invisible, souvent entretenu par des descendants ou une association. Le sujet est abordé dans Petits clochers, grandes histoires.
Le cimetière allemand — et 1940
C’est ici que Salomé se distingue nettement de ses voisines.
La commune abrite un cimetière militaire allemand de 1914-1918, comme Illies (2 890 soldats), Wicres (2 824), Beaucamps-Ligny (2 628), Haubourdin (1 627), Wavrin (976) et Fournes-en-Weppes.
Mais il contient aussi des tombes britanniques de 1940.
Deux guerres dans le même enclos : c’est rare, et cela change la manière de lire le lieu.
1940, dans le Nord, c’est la campagne de France : l’offensive allemande de mai, la percée, la retraite alliée vers Dunkerque, les combats de retardement. Le secteur de La Bassée et du canal a été le théâtre d’affrontements pendant cette retraite. Des soldats britanniques y sont tombés, vingt-deux ans après leurs prédécesseurs.
Pour un visiteur, c’est un raccourci saisissant. Une génération sépare les deux séries de tombes. Certains des morts de 1940 étaient les fils de ceux de 1918 — et parfois, ils sont morts sur le même terrain.
Le parcours mémoriel du territoire est décrit dans Chemins de mémoire dans les Weppes.
L’eau, encore
Salomé est bordée par le canal d’Aire à La Bassée, ouvert en 1822, 39 km de voie navigable, et traversée par le cours d’eau de l’Hantay.
Le canal est un fil conducteur pour visiter le sud des Weppes autrement qu’en voiture. Il relie La Bassée, Salomé et Hantay, et rejoint le réseau de la Deûle plus au nord — celui du Parc de la Deûle, Prix national du paysage 2006, raconté dans Le Parc de la Deûle.
Voir nos balades pour les itinéraires.
Une journée à Salomé et alentour
- L’église Saint-Vaast, pour la lecture de la reconstruction.
- La chapelle du Comte d’Hespel, à observer depuis l’espace public.
- Le cimetière militaire, en prenant le temps de repérer les tombes de 1940.
- Le canal, à pied ou à vélo, vers Hantay.
- La Bassée pour terminer : la ville-marché, son église achevée en 2005, son monument aux morts et le souvenir du peintre Louis-Léopold Boilly, né ici en 1761 — voir Louis-Léopold Boilly.
Ce que les bourgs intermédiaires nous apprennent
Salomé pose une question qui vaut pour tout le territoire : que devient un bourg de trois mille habitants quand la grande distribution capte les achats et que les emplois sont dans la métropole ?
La réponse dépend de trois choses : des commerces qui tiennent, une vie associative active — voir Les associations, cœur battant des villages — et des services publics maintenus. Rien de tout cela n’est automatique.
Pour prolonger : la fiche commune de Salomé, la rubrique Territoire, l’annuaire, l’agenda et la carte des 25 communes.
Si vous connaissez l’histoire des tombes britanniques de 1940, ou si vous avez des documents sur la chapelle d’Hespel, la gazette est preneuse.
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