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Escobecques — 302 habitants, la plus petite commune des Weppes par la population.
Portraits · Weppes · 26 juillet 2026

Petits clochers, grandes histoires

Escobecques 302 habitants, Wicres 581, Englos 618, Erquinghem-le-Sec 620, Le Maisnil 628 : les plus petites communes des Weppes n’ont pas moins à raconter, au contraire. Tour d’horizon de cinq villages qui tiennent debout à l’échelle du voisinage.

Par Rédaction Les Weppes
Gazette · 9 min de lecture
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Escobecques — 302 habitants, la plus petite commune des Weppes par la population.

On croit souvent qu’un petit village a peu à raconter. C’est l’inverse. Dans les Weppes, les cinq communes les moins peuplées concentrent une densité d’histoires que bien des bourgs pourraient envier : une cloche perdue et retrouvée, un cimetière militaire deux fois plus habité que le village, une église reconstruite pour trois cents paroissiens, un fort qui n’est pas là où son nom l’indique.

Voici ces cinq-là, dans l’ordre croissant de population.

Escobecques — 302 habitants sur 1,85 km²

C’est la plus petite commune des Weppes par la population. Escobecques tient entre Englos, Ennetières-en-Weppes et Beaucamps-Ligny, traversée par la Becque.

Son église Notre-Dame de la Visitation a été reconstruite en 1927 sur dommages de guerre — un chantier considérable pour une population aussi réduite. Le village conserve la trace d’une ancienne seigneurie, tenue par la famille de Broide.

Pas de zone commerciale, pas de musée, pas de slogan touristique. Une mairie à portée de main, et une échelle où le voisinage fait encore loi. Lire : Escobecques, ou comment tenir une commune à 300.

Wicres — 581 habitants sur 2,81 km²

Wicres détient un record dont personne ne se vante : le village compte deux cimetières militaires allemands, dont celui dit « Wicres-Village » avec 2 824 soldats, plus un second route de La Bassée, et 8 tombes britanniques au cimetière communal. Faites le calcul : les morts de 14-18 y sont cinq fois plus nombreux que les vivants d’aujourd’hui.

Le patrimoine civil et religieux tient en peu de lignes mais en dit long : l’église Saint-Vaast, gravement endommagée pendant la guerre et restaurée en 1920, et trois chapelles — Saint-Roch, Claire-Fontaine, Vasseur. La Libaude passe à proximité.

Englos — 618 habitants sur 1,34 km²

Le cas le plus paradoxal du territoire. Englos est la plus petite commune des Weppes en superficie, et pourtant l’adresse la plus citée de la région : Englos-les-Géants, la zone commerciale née de l’échangeur autoroutier.

Derrière le parking, il y a un village avec une église Sainte-Marie-Madeleine du XVIᵉ siècle, protégée dès 1921. Et une précision qui a son importance : le fameux « Fort d’Englos » n’est pas à Englos. Il s’agit du Fort Pierquin, sur le territoire d’Ennetières-en-Weppes — voir notre mise au point.

Erquinghem-le-Sec — 620 habitants sur 1,75 km²

Son nom marque le contraste avec Erquinghem-Lys, plus à l’ouest : ici, on est « au sec ». Erquinghem-le-Sec a été détruit et évacué pendant la Grande Guerre, et la commune a été décorée de la Croix de Guerre.

Son église Saint-Vaast a été rebâtie trois fois — 1799, 1841, puis 1926. Sa cloche, Marie-Vedastine, réquisitionnée pendant le conflit, a été retrouvée en 2005. C’est l’une des plus belles histoires de mémoire du plat pays : Marie-Vedastine, la cloche revenue.

Le Maisnil — 628 habitants sur 3,51 km²

Le Maisnil se glisse entre Fournes-en-Weppes, Fromelles et Radinghem-en-Weppes. Commune agricole à environ 89,5 %, elle possède son église Saint-Pierre et plusieurs chapelles.

Mais sa singularité est militaire. Le village se trouve à 2,4 km du champ de bataille de Fromelles, sur un secteur de la crête d’Aubers resté inviolé jusqu’à la fin du conflit. Résultat : une concentration remarquable de blockhaus allemands — casemates d’artillerie et de mitrailleuses, postes de soins, postes de commandement. Lire Le Maisnil, village discret sur une crête fortifiée.

Ce que ces communes nous apprennent

Les Weppes sans leurs petits villages ne seraient qu’une moyenne.

Trois leçons se dégagent quand on les met côte à côte.

  • La taille n’a rien à voir avec la densité patrimoniale. Wicres, 581 habitants, porte une mémoire de guerre plus lourde que la plupart des villes du secteur.
  • Tout repose sur le bénévolat. Sans comité des fêtes, sans conseil municipal complet, sans association pour entretenir une chapelle, ces patrimoines disparaîtraient sans bruit. Voir Les associations, cœur battant des villages.
  • La proximité est un mode de gouvernement. À trois cents ou six cents habitants, on parle au maire dans la rue. C’est une force, et une pression.

Y aller, concrètement

Ces cinq villages se visitent facilement dans une même journée : ils sont tous situés dans un rayon d’une dizaine de kilomètres, sauf Le Maisnil, un peu plus au sud-ouest. Prévoyez de vous garer au bourg, de faire le tour de l’église à pied, et de suivre un chemin agricole sur quelques centaines de mètres — c’est là que le paysage se donne.

Deux précautions : peu de commerces (emportez de quoi boire), et pas de sites aménagés pour la visite. Les blockhaus du Maisnil, notamment, se trouvent souvent sur des terres privées et ne se visitent pas sans accord de l’exploitant.

Pour prolonger : les Portraits de la gazette, les articles Mémoire, la carte des 25 communes, l’annuaire et l’agenda.

Vous habitez l’un de ces villages ? Vous avez une photo de la chapelle, un souvenir de kermesse, une anecdote de conseil municipal ? La gazette a de la place — et les petites communes méritent mieux qu’une ligne dans un tableau statistique.

Cet article a été rédigé avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle, puis complété et relu par notre équipe.

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