Commençons par la mise au point, puisque c’est le sujet : le Fort Pierquin, que tout le monde appelle « Fort d’Englos », ne se trouve pas à Englos. Il est implanté sur le territoire d’Ennetières-en-Weppes.
Ce n’est pas une chicane de géographe. C’est un cas d’école de la manière dont un nom d’usage — porté par un panneau autoroutier, une sortie, une zone commerciale — finit par recouvrir la réalité d’un territoire. Et comme la gazette s’occupe précisément de rendre les Weppes lisibles, autant remettre le fort à sa place.
Un fort de la ceinture de Lille, construit en 1879
Le Fort Pierquin appartient au système Séré de Rivières, du nom du général qui a réorganisé les fortifications françaises après la défaite de 1870-1871. L’idée était simple : couvrir les frontières et les grandes villes par des ceintures de forts détachés, tenus à distance du centre urbain pour maintenir l’artillerie ennemie hors de portée.
Le fort a été construit en 1879, dans cette logique de ceinture autour de Lille. Il s’étend sur environ 10,5 hectares — autant dire un morceau de territoire considérable pour une commune rurale — et son accès est gratuit.
Quelques repères pour comprendre ce que l’on voit sur place :
- des remparts de terre et des fossés, plutôt que de hautes murailles : contre l’artillerie rayée, on enterre au lieu de dresser ;
- une organisation en glacis, casernement, magasins, entrée protégée ;
- une reconquête par la végétation, qui fait aujourd’hui du site un espace de nature autant qu’un vestige militaire.
Un fort de 1879 n’a jamais eu besoin de servir pour raconter son époque : il suffit de voir comment on avait peur.
Ennetières-en-Weppes, la commune qui l’abrite
Ennetières-en-Weppes compte environ 1 280 habitants sur 10,47 km² — l’une des plus vastes communes des Weppes, et l’une des plus agricoles : 90,8 % de son territoire. Code postal 59320, maire Patrice Duretz, site municipal ennetieres-en-weppes.com.
Son patrimoine religieux est plus riche qu’on ne l’imagine pour un village de cette taille :
- l’église Saint-Martin ;
- la chapelle Saint-Antoine ;
- la chapelle Notre-Dame de Lourdes ;
- la chapelle Notre-Dame de la Délivrance.
Et la mémoire de la Grande Guerre y est bien présente : cinq casemates allemandes datées de 1915-1917 ont été recensées sur la commune, avec des vestiges au hameau de la Hancardrie.
Englos, l’autre commune de l’histoire
Englos, de son côté, compte environ 618 habitants sur 1,34 km² — la plus petite superficie du territoire. Son église Sainte-Marie-Madeleine date du XVIᵉ siècle et a été protégée dès 1921. Son maire est Franck Mortier.
Ce qui a rendu son nom célèbre, c’est la zone commerciale Englos-les-Géants, née de l’échangeur autoroutier. Le nom de la commune est ainsi devenu une adresse régionale, au point d’attirer à lui un fort qui n’est pas sur son sol. Nous en avons fait un portrait : Englos, le village que la zone a presque fait oublier.
Résumons, pour que ce soit clair une fois pour toutes :
- le fort : Fort Pierquin, sur Ennetières-en-Weppes, 1879, ~10,5 ha, accès gratuit ;
- la zone commerciale : Englos-les-Géants, sur Englos ;
- l’appellation « Fort d’Englos » : un usage local et cartographique tenace, qui ne correspond pas au territoire communal.
Y aller : conseils pratiques
Le site est en accès libre et gratuit, ce qui en fait l’une des meilleures sorties gratuites des Weppes. Quelques recommandations de bon sens :
- Chaussures fermées et imperméables. Un fort de terre, c’est de l’argile ; après la pluie, ça glisse.
- Prudence avec les enfants. Fossés, dénivelés, ouvertures, végétation dense : le site n’est pas un parc urbain sécurisé.
- N’entrez pas dans les ouvrages fermés. Les parties couvertes peuvent être instables ou fermées pour des raisons de sécurité — respectez la signalétique.
- Regardez la nature autant que le béton. Les vieux forts sont souvent devenus des réservoirs de biodiversité : chauves-souris, oiseaux, insectes, flore de lisière.
- Complétez la boucle avec les chemins agricoles d’Ennetières et la vue vers l’A25 — voir Entre champs et métropole.
Pourquoi la précision compte
Corriger « Fort d’Englos » en « Fort Pierquin, à Ennetières-en-Weppes », ce n’est pas du pédantisme. C’est rendre à une commune de 1 280 habitants un élément majeur de son patrimoine — et rappeler que les Weppes ne se réduisent pas aux noms visibles depuis l’autoroute.
Pour prolonger :
- Chemins de mémoire dans les Weppes ;
- À Santes, on marche encore sur la « Bertha », pour comparer avec la fortification de 14-18 ;
- la fiche commune d’Ennetières, la rubrique Mémoire, les balades et l’agenda.
Vous connaissez le fort de l’intérieur, vous y avez joué enfant, vous disposez de plans ou de photos anciennes ? Écrivez à la gazette : ce site mérite un dossier, pas une note de bas de page.
Commentaires
réservés aux voisins inscritsAucun commentaire pour l’instant. Soyez le premier voisin à réagir.