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Santes — commune de la Deûle, entre patrimoine militaire, châteaux et parc primé.
Mémoire · Santes · 31 juillet 2026

À Santes, on marche encore sur la « Bertha »

Plus de 120 bunkers allemands jalonnent Santes : une ligne si massive que les anciens l’appelaient « la Bertha de Santes ». Entre Chemin des Blockhaus, église classée, châteaux et Parc de la Deûle primé, la commune se lit sur plusieurs couches.

Par Rédaction Les Weppes
Gazette · 10 min de lecture
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Santes — commune de la Deûle, entre patrimoine militaire, châteaux et parc primé.

Il y a, à Santes, des blocs de béton dans les haies. Certains servent de remise, d’autres disparaissent sous le lierre, d’autres encore émergent au milieu d’une pâture comme des dents cassées. Ils ne sont pas deux ou trois : on en compte plus de 120 sur le territoire communal. Les anciens avaient un nom pour cet ensemble : « la Bertha de Santes ».

Le Chemin des Blockhaus permet aujourd’hui d’en longer une partie. C’est l’une des promenades les plus étranges des Weppes : un itinéraire de banlieue verte, avec des vestiges de guerre tous les cent mètres.

Pourquoi tant de béton ici

Pour comprendre, il faut regarder la carte. Santes s’étire le long du canal de la Deûle, entre Haubourdin et Wavrin. L’armée allemande, installée dans le secteur de la fin 1914 à 1918, tenait là une position d’arrière-front : ni la première ligne — celle de la crête d’Aubers, plus à l’ouest — ni l’arrière tranquille.

Cette position exigeait des ouvrages durs, capables de résister à l’artillerie lourde : abris de troupe, postes de commandement, positions de mitrailleuses, abris de secours. Le béton armé était alors la réponse standard. Une ligne d’une telle densité s’explique par la profondeur du dispositif défensif : on ne construisait pas une barrière, mais un empilement de lignes successives.

Cent vingt bunkers dans une seule commune : ce n’est pas un vestige, c’est un paysage.

Le surnom de « Bertha » emprunte au vocabulaire populaire de la Grande Guerre — la « Grosse Bertha » désignait l’artillerie lourde allemande. Ici, il traduit surtout une impression : celle d’une masse de béton posée pour l’éternité au bord de la Deûle.

Santes en chiffres et en couches

Santes compte environ 5 652 habitants sur 7,54 km², code postal 59211. Le maire est Hiazed Belabbes et le site municipal est santes.fr. Ce n’est donc pas un village : c’est une commune résidentielle de taille moyenne, avec écoles, commerces et un tissu associatif dense.

Son patrimoine se lit en strates successives, et c’est ce qui la rend passionnante :

  • le Moyen Âge : les vestiges d’un ancien château-fort ;
  • le XIXᵉ siècle : le château du Parc (1852) et le château de la Rache ;
  • l’église Saint-Pierre, classée Monument historique en 1984 ;
  • l’industrie : le patrimoine lié à l’entreprise Wallaert, témoin de l’époque textile du bassin lillois ;
  • la Grande Guerre : les 120 blockhaus et le Chemin des Blockhaus ;
  • le folklore : les Géants de Santes, créés en 1977 — lire Quand les Géants de Santes prennent la rue ;
  • le paysage contemporain : le Relais Nature et le Parc de la Deûle, distingué par le Prix national du paysage en 2006, plus l’étang de la Gîte.

Peu de communes des Weppes offrent une telle épaisseur historique sur sept kilomètres carrés.

Marcher le Chemin des Blockhaus

C’est la sortie à faire, et elle se prête bien à une demi-journée en famille — à condition de tenir quelques règles.

Ce qu’on voit. Des ouvrages de tailles très différentes : petits abris pour quelques hommes, blocs plus imposants avec plusieurs chambres, embrasures orientées, parfois des empreintes de coffrage encore nettes dans le béton. Le regard s’habitue vite, et l’on finit par repérer les silhouettes de loin.

Les précautions.

  1. Ne pénétrez pas dans les ouvrages. Sols effondrés, ferrailles, déchets, occupations animales : l’intérieur d’un blockhaus centenaire n’est pas un lieu de visite.
  2. Respectez la propriété privée. Une bonne partie de ces vestiges se trouve sur des terrains agricoles ou des jardins. On observe depuis le chemin.
  3. Ne creusez rien, ne ramassez rien. C’est du patrimoine, et parfois de la ferraille dangereuse.
  4. Chaussures adaptées : le secteur est humide, on est au bord de la Deûle.

Le bon enchaînement. Le matin, le Chemin des Blockhaus ; l’après-midi, le Parc de la Deûle et le Relais Nature, pour souffler. Le contraste entre béton militaire et paysage primé résume à lui seul le territoire — voir Le Parc de la Deûle, le paysage qui a mis les Weppes sur le podium.

Replacer Santes dans le dispositif des Weppes

Les blockhaus de Santes ne se comprennent qu’avec ceux des communes voisines. Le territoire forme un ensemble cohérent :

  • à Illies, le poste d’observation de la Bouchaine et une vingtaine de blockhaus, sur le parcours de la crête d’Aubers ;
  • au Maisnil, un secteur resté inviolé, à 2,4 km de Fromelles, avec casemates et postes de commandement ;
  • à Ennetières-en-Weppes, cinq casemates recensées, datées de 1915-1917 ;
  • à Aubers, un blockhaus rue de Piètre, près des mottes des châteaux de Piètre ;
  • à Hallennes-lez-Haubourdin, des vestiges de blockhaus et de tranchées mis au jour lors des fouilles archéologiques de 2013-2014.

Le parcours complet est décrit dans Chemins de mémoire dans les Weppes.

Vivre à Santes aujourd’hui

Il serait injuste de réduire la commune à son béton. Santes est d’abord un lieu où l’on habite : écoles, associations, commerces, accès rapide à la métropole, et un cadre naturel que beaucoup de communes lui envient — la Deûle, le parc, l’étang, les chemins de halage praticables à vélo.

Pour organiser une visite ou simplement mieux connaître le coin : la fiche commune de Santes, l’annuaire des commerces et associations, l’agenda des rendez-vous locaux, nos balades et la rubrique Mémoire.

Vous avez un blockhaus au fond du jardin, une photo d’avant les broussailles, un souvenir de jeu d’enfance dans ces ruines ? Racontez-le à la gazette. Cent vingt ouvrages, cela fait beaucoup d’histoires à recueillir avant qu’elles ne disparaissent.

Cet article a été rédigé avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle, puis complété et relu par notre équipe.

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