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Santes — le bourg où se préparent les rendez-vous populaires.
Portraits · Santes · 16 août 2026

Santes : les géants se préparent, l’identité reste vivante

À Santes, l’identité se tient avant le cortège : costumes, porteurs, bénévoles. Entre Deûle, église classée et plus de 120 blockhaus, le village se prépare autant qu’il se montre.

Par Rédaction Les Weppes
Gazette · 9 min de lecture
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Santes — le bourg où se préparent les rendez-vous populaires.

À Santes, on reconnaît trop vite la commune à trois images : un géant dans une rue, un bunker dans une haie, une berge de la Deûle. Ces images sont vraies. Elles ne suffisent pas. Avant qu’une silhouette de plusieurs mètres lève le bras, il y a des ateliers, des bénévoles, des autorisations, un trajet discuté avec la mairie, et des familles qui ont appris à porter, coudre, réparer. L’identité santoise se joue là, dans le travail discret, plus que dans la photo du jour de fête.

La gazette a déjà raconté la sortie des géants et le Chemin des Blockhaus. Ici, on change d’angle : comment une commune de 5 652 habitants tient encore une tradition populaire sans la confondre avec un décor.

Ce qu’une sortie exige vraiment

Un géant processionnel n’est pas une mascotte posée sur un stand. Dans le Nord, en Belgique et jusqu’aux Pays-Bas, ces figures appartiennent à une pratique reconnue par l’UNESCO au titre du patrimoine culturel immatériel. Cela ne dispense personne de la logistique. Il faut un local, une structure vérifiée, des costumes entretenus, des porteurs formés, des musiciens, un parcours compatible avec la circulation, et assez de monde pour démonter le soir.

À Santes, la tradition des géants est une création de 1977 : ce n’est pas un héritage médiéval local, c’est un choix contemporain. La distinction compte. On peut aimer une figure récente sans inventer une généalogie de cinq siècles. Ce qui est ancien, c’est le geste flamand — porter, défiler, transmettre. Ce qui est santois, c’est la décision, il y a un peu moins de cinquante ans, de s’inscrire dans ce geste.

Un géant tient debout le temps d’une fête. L’association, elle, doit tenir toute l’année.

Les jours ordinaires, rien n’est spectaculaire. On recoud une manche. On cherche un remplaçant pour un porteur. On vérifie une date dans l’agenda. C’est précisément ce quotidien qui empêche la tradition de devenir une vitrine.

Une commune entre Deûle, métropole et voisinage

Santes s’étend sur 7,54 km², code postal 59211. Le maire est Hiazed Belabbes ; le site santes.fr reste la référence pour les démarches et les annonces. La commune s’étire le long de la Deûle, entre Haubourdin et Wavrin, avec Sequedin tout près. Ce n’est plus un village isolé : c’est une commune résidentielle de la métropole, avec écoles, commerces, associations et flux quotidiens vers Lille.

Cette position change le sens d’une fête. Ici, le cortège ne « révèle » pas un bourg oublié. Il rappelle, au milieu d’un tissu périurbain, qu’il existe encore un nous local — des voisins, un comité, une rue qu’on referme le temps d’un passage. Les ducasses et fêtes villageoises des Weppes fonctionnent ainsi : elles ne compensent pas l’absence de vie, elles rendent visible une vie déjà là.

On habite Santes et l’on travaille à Haubourdin, on fait ses courses à Wavrin, on rejoint un match à Sequedin. L’annuaire matérialise ce réseau mieux qu’un slogan. Les géants ramènent le regard sur la commune le temps d’une après-midi.

L’église, les bunkers, le parc : d’autres couches

Réduire Santes à ses géants serait aussi faux que de la réduire à son béton militaire. L’église Saint-Pierre est classée Monument historique depuis 1984 — voir Saint-Pierre, monument historique. Elle donne au bourg une profondeur antérieure au XXᵉ siècle, que les lotissements ne racontent pas.

Autre strate, massive : plus de 120 bunkers allemands, assez denses pour que les anciens parlent de « la Bertha de Santes ». Le Chemin des Blockhaus permet d’en longer une partie, depuis l’espace public, sans entrer dans les ouvrages. Ce paysage-là n’est pas une attraction : c’est une ligne d’arrière-front devenue haie, pâture, jardin. On le marche ; on n’y pénètre pas.

Entre les deux, le Parc de la Deûle et le Relais Nature — Paysage primé en 2006 — offrent la respiration verte que beaucoup de communes envient. Berges, étang, chemins de halage : Santes se visite aussi sans cortège ni casemate.

Ces couches ne se hiérarchisent pas. Un habitant peut coudre un costume le samedi et marcher le Chemin des Blockhaus le dimanche. C’est même la lecture juste : une identité vivante n’est pas une spécialité unique, c’est une superposition d’usages.

Habiter Santes sans folkloriser le quotidien

La métropole apporte des services et une pression. Les rues santoises ne sont pas un plateau de fête. Les riverains ont besoin de stationner, d’accéder à leur porte, d’entendre autre chose qu’une fanfare. Accueillir un cortège, c’est donc aussi protéger le reste de l’année : ne pas transformer chaque week-end en « animation patrimoine », ne pas photographier les enfants des porteurs comme des figurants, ne pas confondre une association avec un office de tourisme.

Les associations tiennent ici le même rôle qu’ailleurs dans le plat pays : sans elles, le géant reste au hangar. Trouver de nouveaux porteurs, expliquer le geste, accepter qu’une sortie soit reportée faute de bras — voilà le vrai baromètre. Une tradition qui ne recrute plus n’est plus vivante ; elle est en sursis.

Pour les nouveaux arrivants, le conseil est simple. Commencez par la fiche commune, parlez aux voisins, consultez l’agenda avant d’imaginer « la » fête de Santes. Il y a des années plus calmes que d’autres. L’identité n’en disparaît pas.

Voir, participer, ne pas gêner

Trois réflexes concrets.

  1. Vérifiez la date. Les sorties ne sont pas hebdomadaires. L’agenda et santes.fr évitent un déplacement pour rien.
  2. Arrivez avant le départ. On comprend mieux un géant en le voyant se lever qu’en le croisant dix secondes au coin d’une rue.
  3. Regardez l’équipe. Les porteurs, les couturières, les musiciens, les bénévoles qui tiennent la barrière : c’est eux le sujet, pas seulement la tête peinte.

Entre deux fêtes, les balades le long de la Deûle, le Chemin des Blockhaus et une halte au bourg suffisent à lire la commune. Respectez les propriétés : beaucoup de blockhaus sont dans des jardins ou des champs. Restez sur le chemin.

On peut ensuite relier Haubourdin par le canal, Wavrin vers le sud, Sequedin vers la métropole. Santes se comprend mieux comme un maillon que comme une île folklorique.

Vos ateliers, vos photos, vos listes de porteurs

La gazette manque encore, trop souvent, d’images de cortège, de carnets d’atelier, de noms de ceux qui ont porté en 1977 et après. Une photo de couture, un programme de ducasse, un souvenir de première sortie : ces pièces-là font une mémoire plus solide qu’un communiqué. Écrivez-nous, avec une date et un lieu si vous les avez. À Santes, l’identité reste vivante tant que quelqu’un accepte encore de préparer la suivante.

Cet article a été rédigé avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle, puis complété et relu par notre équipe.

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