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Erquinghem-le-Sec — village reconstruit où les objets de mémoire ont une voix.
Mémoire · Erquinghem-le-Sec · 26 août 2026

Erquinghem-le-Sec : Marie-Vedastine, l’histoire d’une voix retrouvée

À Erquinghem-le-Sec, la cloche Marie-Vedastine, réquisitionnée puis retrouvée en 2005, est d’abord une voix : heures, deuils, fêtes — le retour d’un bronze, pas le résumé de tout le village.

Par Rédaction Les Weppes
Gazette · 8 min de lecture
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Erquinghem-le-Sec — village reconstruit où les objets de mémoire ont une voix.

Marie-Vedastine n’est pas seulement le nom d’une cloche. À Erquinghem-le-Sec, elle porte l’idée d’une voix déplacée puis retrouvée. Réquisitionnée pendant la Grande Guerre, retrouvée en 2005, elle donne une échelle sensible à l’histoire d’un village détruit et reconstruit — sans qu’il soit besoin, ici, de tout raconter à nouveau.

Le récit complet, avec le village, la Croix de Guerre et les trois états de l’église, est dans Marie-Vedastine, la cloche revenue. Cet article-ci choisit un angle complémentaire : le son, le manque, le retour. Pas un résumé. Une écoute. On peut connaître les dates et n’avoir jamais pensé à ce que le clocher faisait entendre — ou à ce qu’il a cessé de faire entendre.

La commune compte environ 620 habitants sur 1,75 km², code postal 59320. Le « sec » la distingue d’Erquinghem-Lys, plus à l’ouest. Ici, pas de rivière importante : le plat pays, quelques rues, une voix de bronze quand elle sonne.

Une cloche est une présence

Une cloche règle des heures, des fêtes, des alertes et des deuils. Elle donne l’angélus, appelle aux mariages, annonce les décès, parfois l’incendie. Lorsqu’elle disparaît, ce n’est pas un simple métal qui manque. C’est la voix commune du village.

Dans les zones occupées du Nord, le bronze — cuivre et étain — était une ressource stratégique. Les cloches partaient à la fonte. Le sort de Marie-Vedastine n’a rien d’unique, et c’est ce qui le rend juste : Erquinghem-le-Sec a perdu ce que des dizaines de paroisses ont perdu. Elle a, elle, récupéré l’objet.

Enlever la cloche d’un village, c’était le priver de l’heure partagée. La rendre, ce n’est pas tout réparer : c’est rendre un timbre.

Le nom lui-même dit l’ancrage : Marie et Vedastine, de *Vedastus*, saint Vaast, patron de l’église — et de tant d’autres clochers des Weppes : Salomé, Illies, Wicres, Hallennes-lez-Haubourdin, La Bassée.

Ce que le silence a duré

Entre la réquisition et 2005, il s’écoule près de quatre-vingt-dix ans. Plusieurs générations ont connu l’église Saint-Vaast reconstruite en 1926 sans cette voix-là, ou avec un autre bronze. Le village, détruit et évacué, a reçu la Croix de Guerre. L’église elle-même a été rebâtie trois fois : 1799, 1841, 1926.

Ces faits sont établis. Ils sont détaillés dans le village détruit et reconstruit, l’église Saint-Vaast et la Croix de Guerre. Ici, on en retient une conséquence sonore : on peut relever un clocher et rester sans la voix d’avant.

Le retour de 2005 ne referme pas la plaie de 1914. Il offre un lien matériel entre les habitants d’avant-guerre, les générations de la reconstruction et celles d’aujourd’hui. Un bronze qui revient de la liste des choses perdues change la manière d’entendre le dimanche.

Écouter les sources, pas seulement la légende

Une tradition orale est précieuse. Elle gagne à être accompagnée d’une date, d’un article de presse, d’une archive de fabrique, d’une photographie de 2005. Si vous recueillez un témoignage, notez le prénom de la personne, l’année du récit, et ce qu’elle a vu elle-même — la sonnerie, la cérémonie, le silence d’avant.

Trois questions utiles, sans romancer :

  1. Quand la cloche a-t-elle été entendue à nouveau, et par qui ?
  2. a-t-elle été identifiée, d’après une source datée ?
  3. Quel usage a-t-elle aujourd’hui — fêtes, angélus, cérémonies ?

La gazette n’inventera pas les réponses manquantes. Le dossier thématique pose le cadre ; les albums privés peuvent encore préciser le timbre.

Visiter en écoutant

Erquinghem-le-Sec se parcourt en peu de temps : l’église Saint-Vaast, la mairie, quelques rues, la sortie vers les champs. Renseignez-vous avant d’entrer dans l’église, qui n’est pas ouverte en permanence. Si vous avez la chance d’être là le jour d’une sonnerie, restez dehors une minute de plus : c’est le sujet.

Deux conseils :

  • combinez avec Escobecques (302 habitants, église de 1927) et Beaucamps-Ligny (gare de 1884, saint Michel classé en 1935), à quelques minutes ;
  • ne réduisez pas le village à la cloche : 620 habitants y vivent, y votent, y tiennent une mairie de proximité — voir la fiche Erquinghem-le-Sec.

Consultez l’agenda pour les cérémonies. Une balade relie les petits villages du nord-est weppois mieux qu’un enchaînement de parkings. Clochers reconstruits du plat pays et Petits clochers, grandes histoires donnent le contrepoint des édifices ; ici, on écoute ce qu’ils étaient censés porter.

Une mémoire sonore, encore à documenter

On photographie les clochers. On oublie qu’ils ont d’abord été construits pour faire du bruit. Marie-Vedastine rappelle cette évidence. Son retour de 2005 est l’une des plus nettes histoires civiles des Weppes, aux côtés de la stèle des 20 000 à Radinghem-en-Weppes : moins de soldats, plus d’habitants.

Connaissez-vous un souvenir de sonnerie, une photographie du retour, une coupure de journal de 2005 ? Partagez-le avec la gazette, avec la date et la provenance. Nous enrichirons la mémoire d’Erquinghem-le-Sec par la voix, sans refaire le récit déjà posé, et sans transformer un bronze retrouvé en légende commode.

Cet article a été rédigé avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle, puis complété et relu par notre équipe.

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