Il est difficile, en se promenant aujourd’hui dans Erquinghem-le-Sec, d’imaginer le degré zéro. Et pourtant : durant la Première Guerre mondiale, le village a été détruit et sa population évacuée. Ce que l’on voit — quelques rues, l’église Saint-Vaast, le tissu résidentiel — est le fruit d’une reconstruction.
Sur 1,75 km² et environ 620 habitants, chaque parcelle compte. Quand tout a disparu, tout a dû être redessiné.
L’évacuation, blessure civile
On insiste souvent sur les combats. Moins sur le départ forcé des familles. Partir d’Erquinghem-le-Sec, c’était quitter un monde minuscule où tout le monde se connaissait, pour rejoindre l’incertitude des communes d’accueil.
Le retour, après l’armistice, n’a pas été une fête simple : il a fallu retrouver un sol, des limites, des voisins, parfois rien d’autre que des caves ou des murs bas.
Reconstruire un petit village, c’est reconstruire une intimité, pas seulement des toits.
Ce que la reconstruction a laissé
Le bâti d’après-guerre a ses signatures : volumes sobres, briques, alignements plus réguliers. L’église Saint-Vaast, reconstruite à plusieurs reprises dans l’histoire longue du village (1799, 1841, 1926 pour les grandes étapes modernes), concentre ce récit de recommencement.
La Croix de Guerre communale s’inscrit dans la même séquence. Quant à la cloche Marie-Vedastine, son odyssée — réquisition, disparition, retour en 2005 — prolonge la mémoire jusque dans le XXIe siècle.
Habiter le village reconstruit
Sous la mairie de Philippe Bialais (erquinghemlesec.fr), Erquinghem-le-Sec vit au présent. Les liens avec Beaucamps-Ligny, Escobecques et Ennetières-en-Weppes structurent le quotidien.
Pour marcher cette histoire sans la théâtraliser :
- fiche Erquinghem-le-Sec ;
- balades du secteur ;
- rubrique Mémoire ;
- agenda et annuaire pour le village d’aujourd’hui.
Petite échelle, grande densité mémorielle
Dans les Weppes, certaines communes diluent la mémoire sur de vastes hectares. Erquinghem la concentre. C’est peut-être pour cela qu’elle touche : on embrasse le drame d’un seul regard de clocher à lisière.
Voir aussi Fournes-en-Weppes et Fromelles pour d’autres modalités du souvenir.
Matériaux, alignements, mémoire du chantier
Les reconstructions des années 1920 ont laissé des signatures : briques, corniches sobres, parcelles un peu plus régulières. Marcher Erquinghem-le-Sec, c’est lire un village pensé après la catastrophe, pas seulement « réparé ».
Les archives de permis, quand elles existent, racontent des disputes de mitoyenneté, des aides, des délais. Derrière chaque façade banale peut se cacher une histoire de prêt, de veuve reconstructrice, d’artisan venu d’ailleurs.
Comparer avec La Bassée ou d’autres communes très détruites aide à voir ce qui est commun à tout le front et ce qui reste propre au « Sec ». La gazette privilégie cette échelle fine : moins de grandes synthèses, plus de rues nommément arpentées.
Les enfants nés dans les années 1930 ont grandi dans un village déjà rebâti, mais encore marqué par les récits des aînés. Cette transmission orale — « ici, il n’y avait plus rien » — façonne encore la manière dont on habite le Sec. La croiser avec les photos aériennes d’après-guerre, quand on en trouve, offre un vertige salutaire : le village actuel est une victoire de la ténacité, pas un décor immuable.
Témoignages recherchés
Si votre famille a connu l’évacuation ou la reconstruction d’Erquinghem-le-Sec, la gazette veut l’entendre. Écrivez-nous : les archives vivantes commencent souvent dans un tiroir de cuisine.
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