Erquinghem-le-Sec compte environ 620 habitants sur seulement 1,75 km². C’est l’une des plus petites communes des Weppes. Et pourtant, son nom figure parmi celles qui portent la Croix de Guerre — distinction attachée aux souffrances et aux destructions de 1914-1918.
Le contraste est rude : peu de rues, beaucoup d’histoire.
Que signifie la Croix de Guerre pour une commune
Attribuer la Croix de Guerre à une collectivité, ce n’est pas décorer un clocher pour la beauté du geste. C’est reconnaître officiellement que le territoire a payé un prix exceptionnel : combats, bombardements, évacuations, ruines.
À Erquinghem-le-Sec, le récit local est clair : le village a été détruit et évacué durant la Grande Guerre. La reconstruction — notamment celle de l’église Saint-Vaast — a occupé des décennies. La cloche Marie-Vedastine, réquisitionnée puis retrouvée en 2005, appartient à ce même fil mémoriel, déjà traité par ailleurs dans la gazette.
La Croix de Guerre, sur une mairie de six cents âmes, pèse plus lourd que sur un grand panneau touristique.
Un village à hauteur d’homme
Sous la municipalité de Philippe Bialais (site erquinghemlesec.fr), code postal 59320, la vie reprend des formes ordinaires : voisinage avec Beaucamps-Ligny et Escobecques, déplacements, associations, fêtes.
La mémoire n’occupe pas tout l’espace public, et c’est tant mieux. Mais la décoration rappelle qu’ici, le « petit village » a connu l’effacement presque total.
Relier Erquinghem aux chemins de mémoire
Pour comprendre le secteur :
- lire la fiche commune ;
- croiser Fromelles, Ennetières-en-Weppes et Fournes-en-Weppes ;
- parcourir la rubrique Mémoire ;
- utiliser nos balades pour une approche douce du paysage reconstruit.
Le plat pays ne montre pas toujours ses plaies : les briques neuves des années 1920 les ont recouvertes.
Mémoire civile, pas seulement militaire
La Croix de Guerre parle aussi des civils : ceux qui sont partis, ceux qui sont revenus, ceux qui ont rebâti. C’est une mémoire de l’habitat et du clocher, pas seulement des lignes de front.
L’agenda local et l’annuaire montrent le présent ; la décoration rappelle le prix du passé. Les deux lectures sont nécessaires.
Carte d’ensemble : communes.
Une décoration visible, une douleur intime
La Croix de Guerre communale apparaît sur les documents officiels et parfois sur le monument aux morts. Elle ne dit pas, à elle seule, les nuits d’évacuation, les retours dans les décombres, les dettes de reconstruction. Ces détails vivent dans les familles.
Recueillir des lettres, des livrets militaires civils, des photos de rues rasées : tel est le travail patient qui donne du corps à la décoration. Sans cela, la Croix risque de devenir un symbole abstrait, respecté mais peu compris des plus jeunes.
Erquinghem-le-Sec, par sa petite taille, rend ce travail possible : le nombre de foyers concernés par 1914-1918 reste saisissable. C’est une chance pour la transmission, à condition que quelqu’un prenne encore le temps d’écouter.
Vos archives familiales
Diplômes, photos de ruines, souvenirs de grand-parents évacués : la rédaction Les Weppes souhaite les recueillir. La Croix de Guerre d’Erquinghem-le-Sec mérite des récits de foyer, pas seulement une notice.
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