2005. Ce n’est pas une date d’entre-deux-guerres. C’est l’année où La Bassée a enfin inauguré son église Saint-Vaast — près d’un siècle après que la ville-marché ait été rasée par les combats de 1914 puis de la Lys en 1918.
Dans les Weppes, presque tous les clochers ont été relevés dans les années 1920. Ici, le chantier a duré jusqu’au XXIᵉ siècle. C’est le marqueur le plus lisible de la reconstruction la plus longue du plat pays.
Une ville sans édifice définitif
Après 1918, La Bassée reconstruit d’abord l’essentiel : logements, rues, commerces, équipements. L’église, elle, reste longtemps en solution provisoire. Les dommages de guerre, les arbitrages budgétaires, les priorités municipales et le temps long de la décision publique s’enchaînent.
Le résultat, aujourd’hui, surprend le regard habitué aux néo-gothiques voisins : Saint-Vaast n’est pas une copie de l’édifice détruit. C’est un bâtiment du tournant du millénaire, affirmé, contemporain, posé dans un centre dont la brique d’entre-deux-guerres raconte déjà une autre époque.
À La Bassée, le clocher ne dit pas « on a tout refait vite ». Il dit « on a mis le temps qu’il fallait ».
Lire Saint-Vaast dans le paysage
La commune compte environ 6 650 habitants sur seulement 3,53 km², code postal 59480. Densité élevée, rôle de pôle pour le sud des Weppes, maire Frédéric Cauderlier, site ville-labassee.fr.
Dans ce tissu urbain serré, l’église tient un rôle de repère autant que de lieu de culte. On la croise en venant du marché, du canal, des axes vers Salomé, Hantay ou Illies. Elle ferme une histoire ouverte en 1914.
Trois lectures possibles en une visite :
- architecturale : comparer Saint-Vaast 2005 aux reconstructions des années 1920 autour ;
- mémorielle : relier le chantier à la Croix de Guerre et aux deux rasages de la ville ;
- quotidienne : observer comment le centre vit autour de cet édifice neuf, sans nostalgie de carton-pâte.
Ce que les voisins ont fait autrement
À Bois-Grenier, l’église a été relevée à l’identique dès 1926. À Hantay, le néo-gothique s’étale entre 1922 et 1928. À Wicres, la restauration commence dès 1920. Le contraste avec La Bassée n’est pas un classement : c’est une leçon de calendriers locaux.
Le sujet est développé dans Clochers reconstruits du plat pays et Petits clochers, grandes histoires.
Visiter sans attendre une « vieille pierre »
Venir à La Bassée pour une église « ancienne » mène à la déception. Venir pour comprendre une reconstruction inachevée pendant des décennies, c’est autre chose.
Comptez une heure :
- Saint-Vaast et ses abords ;
- le centre reconstruit, avec sa trame régulière d’après-guerre ;
- le monument à Jeanne d’Arc, autre signal symbolique fort ;
- une boucle vers le canal d’Aire à La Bassée, ouvert en 1822.
Puis croisez avec l’agenda et l’annuaire : la mémoire gagne à être lue avec la vie locale, pas contre elle.
Prolonger
- Chemins de mémoire dans les Weppes ;
- la fiche La Bassée et la rubrique Mémoire ;
- les balades du sud du territoire.
Vous avez une photo du chantier, un souvenir d’inauguration, un bulletin municipal des années 1990 ou 2000 ? Écrivez à la gazette : l’histoire de Saint-Vaast se raconte encore mieux à plusieurs.
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