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La Bassée — le canal d’Aire au boulevard du Canal, où les Moulins transforment encore le blé des Weppes.
Territoire · La Bassée · 5 août 2026

Farine des Weppes : le blé du plat pays devient pain

Boulevard du Canal à La Bassée, une minoterie familiale transforme encore le blé régional en Farine des Weppes. Après les moissons 2026, portrait d’une filière grain–moulin–fournil qui tient depuis un siècle.

Par Rédaction Les Weppes
Gazette · 12 min de lecture
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La Bassée — le canal d’Aire au boulevard du Canal, où les Moulins transforment encore le blé des Weppes.

Fin juillet, les moissons 2026 ont déjà rangé une grande partie de leur travail : récolte précoce, rendements en retrait, grain plus petit — mais une qualité qui se vend. Reste la question que l’on pose trop rarement : où va ce blé une fois le champ vidé ? À La Bassée, boulevard du Canal, les Moulins de La Bassée répondent depuis un siècle. Quatre générations, une vingtaine de salariés, une farine qui porte le nom du territoire : la Farine des Weppes.

Ce n’est pas un slogan touristique collé sur un sac. C’est une filière — grain, meunerie, fournil — encore visible dans le plat pays.

Le plat pays ne se mange pas en photo de chaume. Il se mange en mie.

Une minoterie née en 1920, ancrée au canal

L’historique de l’entreprise, tel que les Moulins le retracent eux-mêmes, est limpide :

  • 1920 — Léon et Marcel Houssin créent les Moulins de La Bassée.
  • 1945 — Marcel Sion, gendre de Marcel Houssin, met en route le moulin sur le site actuel, boulevard du Canal.
  • 1995 — Louis Sion refond l’outil pour viser un débit de 100 tonnes / 24 h.
  • 1999–2003 — nouvelle ligne d’appareils à cylindres, modernisation du nettoyage.
  • 2005 — automatisation du moulin et création de la Farine des Weppes.
  • 2010 — bureaux refaits, magasin de vente au détail pour les particuliers.
  • 2012 — Louis-Frédéric et Xavier Sion prennent la direction.
  • 2014–2015 — passage en sacs de 25 kg, ensachage automatique, puis fournil d’essai avec un boulanger démonstrateur.

Ce calendrier industriel dit quelque chose d’essentiel : La Bassée n’est pas seulement une ville-marché ni une ville de mémoire 14-18. C’est aussi un outil de transformation agricole — rare, précieux, et trop peu raconté dans le récit weppois.

Pourquoi le boulevard du Canal n’est pas un hasard

Les moulins ne sont pas « quelque part dans le Nord ». Ils sont au bord du canal d’Aire, sur l’axe qui a longtemps porté charbon, marchandises et blé. La Bassée s’est construite comme nœud entre Artois et Weppes : l’eau, le grain, le marché. Même géographie utile.

Le pain du plat pays n’est donc pas seulement une affaire de fournil romantique. C’est une affaire de logistique courte. Un silo trop loin, un meunier trop grand, un boulanger trop dépendant d’un groupe anonyme — et le blé d’Illies, de Salomé, d’Hantay, de Marquillies ou de Sainghin repart dans le circuit général, sans jamais croiser le nom « Weppes » sur un sac.

Ce que « Farine des Weppes » veut dire concrètement

Pas une appellation d’État. Une marque locale, créée en 2005, qui affirme un ancrage : le territoire a un goût, une filière, une fierté de pain. À côté, le catalogue du moulin montre l’amplitude du métier : Farine des Weppes de Tradition française, types 65 / 80 / 110 / 150, épeautre, 7 céréales, préparations pour brioche, croissant, pain de mie, viennois… Autrement dit : le moulin travaille pour les artisans (boulangers, pâtissiers, biscuitiers) autant que pour le particulier qui passe au magasin avec sa machine à pain.

Depuis 2016, les Moulins alimentent aussi les boulangers labellisés Artisan en Or en farine agréée Saveurs en Or — notamment pour la *gaïette*, la baguette aux quatre croûtons. C’est un autre signal : la meunerie basséenne n’est pas un vestige folklorique ; elle s’inscrit dans les marques de qualité régionales des Hauts-de-France.

Pour la gazette, l’intérêt n’est pas de faire la publicité d’une enseigne. C’est de rappeler qu’une économie de proximité existe encore entre quatre maillons :

  1. l’agriculteur qui moissonne ;
  2. le meunier qui trie, nettoie, mout et contrôle en laboratoire ;
  3. le boulanger qui transforme ;
  4. le voisin qui achète — ou non — le pain du jour.

Quand l’un des quatre lâche, le récit « manger local » devient une phrase vide.

Après les moissons 2026 : pourquoi ça compte davantage

Le bilan des moissons de fin juillet le disait déjà : moins de quintaux, grains plus petits, mais des indicateurs de qualité (protéines, poids spécifique, humidité basse) qui ouvrent les débouchés vers la meunerie et l’export. Dans ce contexte, une minoterie familiale ancrée à La Bassée n’est pas un détail patrimonial. C’est un débouché local — et un lieu où la traçabilité du grain reste lisible.

Une année courte en volumes, c’est aussi l’année où l’on mesure si le circuit court tient : partenariats avec les agriculteurs, constance des farines, capacité à servir les fournis du bourg sans tout diluer dans la grande meunerie nationale. Les Moulins le disent eux-mêmes : sélection des blés, contrôles quotidiens en labo, investissements réguliers sur l’outil. Ce n’est pas de la poésie de terroir. C’est de l’industrie de proximité.

Comment le lire au quotidien (sans folklore)

  • Demandez à votre boulanger d’où vient sa farine — sans procès, par curiosité.
  • Passez au magasin meunier du boulevard du Canal si vous pétrissez chez vous : voir des sacs de 25 kg, c’est comprendre des volumes, pas seulement des recettes Instagram.
  • Croisez avec les commerces de proximité : une filière tient si les enseignes du bourg tiennent.
  • Relisez les rendements 2026 : pas de farine locale durable sans récolte qui se tient — et sans meunier pour la recevoir.
  • Cherchez, dans l’annuaire, les boulangeries qui affichent encore une farine régionale ou un label Saveurs en Or.

Ce que la gazette retient

On peut aimer les Weppes pour leurs clochers et leurs stèles. On peut aussi les aimer pour ce qu’elles produisent encore. Une farine qui porte le nom du territoire, sortie d’un moulin familial au bord du canal, ce n’est pas du folklore : c’est la preuve que le plat pays n’est pas qu’un dortoir de la métropole — et que le blé de juillet peut encore devenir pain du matin à quelques kilomètres.

Sources et prolongements

Vous êtes boulanger, meunier, agriculteur ou simple amateur de pain au levain ? Un retour concret (sac utilisé, goût, prix, disponibilité, fournil qui travaille encore cette farine) aide à cartographier la filière sans la mythifier.

Cet article a été rédigé avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle, puis complété et relu par notre équipe.

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