Quand on entre dans l’église Saint-Martin de Hantay, le regard monte vite vers la lumière colorée. Les vitraux de J. Largillier ne sont pas un détail de guide : dans un édifice néo-gothique relevé entre 1922 et 1928, ils sont la signature artistique d’une reconstruction.
Hantay compte environ 1 244 habitants sur 2,11 km², code postal 59496. Le maire est Gérard Plancq (hantay.fr). Village du sud des Weppes, fortement marqué par 1914-1918, il a choisi — comme plusieurs voisins — de reconstruire autrement qu’à l’identique.
Pourquoi les vitraux comptent
Reconstruire une église, c’est d’abord des murs, une toiture, un clocher. Mais c’est aussi choisir ce que les fidèles verront chaque dimanche pendant un siècle. Les verrières de Largillier inscrivent Hantay dans une généalogie d’ateliers qui ont travaillé le Nord après la guerre.
Dans un village détruit, le vitrail n’est pas un luxe : c’est la preuve que l’on reconstruit pour durer.
On peut croiser ce récit avec Clochers reconstruits du plat pays et Petits clochers, grandes histoires. À Bois-Grenier, on a choisi l’identique ; à Hantay, le néo-gothique et la couleur.
Un édifice dans un paysage d’eau
Saint-Martin ne se comprend pas hors sol. Autour : la Libaude, le Courant Saint-Martin, le canal de la Deûle. Le toponyme même de Hantay renverrait à un canal médiéval — sujet déjà abordé par la gazette. Ici, l’angle est intérieur : la lumière dans la nef, pas le lit du canal.
Trois lectures complémentaires :
- Architecture — volume néo-gothique des années 1920.
- Art — programme de vitraux Largillier.
- Mémoire — édifice né des dommages de guerre.
Visiter avec méthode
Comptez trente à quarante-cinq minutes :
- observer la silhouette depuis la rue (reconstruction lisible) ;
- entrer pour les vitraux (selon horaires d’ouverture) ;
- prolonger vers les cours d’eau et les balades du secteur ;
- comparer avec les clochers de Salomé, Illies ou La Bassée.
L’annuaire et l’agenda indiquent les occasions (concerts, journées du patrimoine) où l’église s’ouvre plus largement.
Prolonger
Fiche Hantay, rubrique Mémoire, carte des 25 communes. Vous avez des clichés des vitraux, un nom d’atelier, une date d’inauguration précise ? La rédaction documente volontiers ce patrimoine lumineux trop souvent résumé en une ligne.
Lumière, guerre et métier d’art
Les ateliers de verriers qui ont travaillé le Nord après 1918 ont laissé peu de traces dans la mémoire collective, alors qu’ils ont littéralement coloré la reconstruction. À Hantay, les verrières de Largillier méritent qu’on s’y arrête comme on s’arrêterait devant un retable : non pas pour une lecture savante obligatoire, mais pour mesurer le soin mis dans un édifice né de la ruine.
Si vous visitez un jour de soleil bas — fin d’automne, fin d’après-midi d’hiver — la nef change complètement. C’est à ces heures-là que l’on comprend pourquoi un village de mille habitants a tenu à financer autre chose que des murs blancs. La lumière devient récit.
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