Les noms de communes des Weppes racontent souvent une histoire agricole ou seigneuriale. Celui de Hantay raconte autre chose : de l’eau. Le toponyme serait lié à un canal médiéval creusé dans le secteur — une origine hydraulique qui colle parfaitement au paysage.
Regardez la carte : la commune est traversée par la Libaude et le Courant Saint-Martin, et elle est riveraine du canal de la Deûle. Sur 2,11 km², c’est beaucoup d’eau pour peu de terre.
La commune en bref
Hantay compte environ 1 244 habitants, code postal 59496. Le maire est Gérard Plancq et le site municipal est hantay.fr. Le village se situe dans le sud des Weppes, à proximité de Salomé et de La Bassée.
C’est une commune résidentielle à taille humaine : pas de grand équipement, pas de zone d’activité massive, une vie municipale de proximité et des liens étroits avec les villages voisins.
Un canal médiéval, vraiment ?
Prenons la question au sérieux, sans surinterpréter.
Dans les Flandres et l’Artois, le creusement de canaux, fossés et courants remonte loin. Il ne s’agissait pas seulement de navigation : il fallait drainer des terres basses et humides pour les rendre cultivables, évacuer les eaux de pluie d’un pays plat où rien ne s’écoule naturellement, et alimenter moulins et fossés seigneuriaux.
Un canal creusé au Moyen Âge dans ce secteur relève donc de l’aménagement ordinaire — et pourtant décisif. Sans travaux hydrauliques, une bonne part du plat pays serait restée marécageuse. Que le nom d’un village en garde la trace n’a rien d’étonnant ; cela signale simplement que l’ouvrage était, à l’échelle locale, le repère principal.
Dans les Weppes, l’eau n’a jamais été un décor. C’était une condition de survie agricole.
1922-1928 : reconstruire l’église Saint-Martin
Hantay a été fortement détruite pendant la Grande Guerre. Comme dans la plupart des communes du sud des Weppes, la reconstruction s’est faite dans l’entre-deux-guerres, avec les indemnités de dommages de guerre.
L’église Saint-Martin a été relevée entre 1922 et 1928, en style néo-gothique, avec des vitraux de J. Largillier.
Six années de chantier, c’est long, et cela mérite explication. Reconstruire une église après 1918 supposait de constituer un dossier de dommages de guerre, d’attendre les versements, de trouver des matériaux dans une région où tout le monde bâtissait en même temps, et de mobiliser des entreprises débordées. Beaucoup de communes ont vécu ce calendrier étiré : Escobecques a inauguré la sienne en 1927, Bois-Grenier en 1926, Wicres a pu restaurer dès 1920 parce que le gros œuvre tenait encore.
Le choix du néo-gothique n’est pas non plus anodin. Il permettait de retrouver une silhouette familière, avec des techniques et des coûts maîtrisés. Le sujet complet est dans Clochers reconstruits du plat pays.
Quant aux vitraux de J. Largillier, ils rappellent qu’un chantier de reconstruction faisait vivre tout un artisanat régional : maîtres verriers, sculpteurs, ferronniers, menuisiers. La reconstruction des Weppes a été un immense programme économique autant qu’un projet mémoriel.
Le monument aux morts
Comme partout, Hantay a élevé son monument aux morts. Ces monuments sont, avec les églises, les seuls équipements que presque toutes les communes ont construits au même moment, dans les années 1920.
Ils méritent qu’on s’y arrête cinq minutes : la liste des noms d’un village de mille habitants suffit à comprendre ce que la guerre a coûté à une communauté de cette taille.
Le sentier « Découverte Nature des Weppes »
Bonne nouvelle pour les marcheurs : Hantay est concernée par le sentier « Découverte Nature des Weppes », qui exploite la position de la commune en bord de canal.
C’est une manière intelligente de visiter le sud du territoire : plutôt que d’enchaîner les cimetières militaires en voiture, on suit l’eau. La Libaude, le Courant Saint-Martin, le canal de la Deûle et, un peu plus loin, le canal d’Aire à La Bassée ouvert en 1822 sur 39 km, dessinent un réseau cohérent.
Retrouvez nos itinéraires sur la page balades.
Une journée dans le sud des Weppes
- L’église Saint-Martin de Hantay, pour les vitraux et la datation.
- Le monument aux morts et le centre du village.
- Le sentier au bord du canal, en direction de Salomé.
- Salomé et son cimetière militaire allemand, qui abrite aussi des tombes britanniques de 1940.
- La Bassée pour finir : la ville-marché reconstruite, son église achevée en 2005 et son canal.
Prolonger
- Petits clochers, grandes histoires, pour le patrimoine religieux modeste ;
- Chemins de mémoire dans les Weppes, pour situer Hantay dans le secteur du front ;
- Vivre au plat pays pour le quotidien ;
- la fiche commune de Hantay, les Portraits, l’annuaire, l’agenda et la carte des 25 communes.
Vous avez des documents sur le chantier de 1922-1928, une photo du village avant destruction, ou une explication solide sur le canal médiéval qui a donné son nom à la commune ? Écrivez-nous : ce genre d’étymologie mérite d’être établie plutôt que répétée.
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