2,31 km². C’est toute la surface de Don, l’une des plus petites communes des Weppes. À titre de comparaison, Wavrin en compte 13,59, soit près de six fois plus. On traverse Don en quelques minutes de vélo.
Et pourtant, sur ce mouchoir de poche, il y a une église classée Monument historique, une gare, des écluses, un parc d’étangs et un carré militaire du Commonwealth. La densité patrimoniale au kilomètre carré y est probablement l’une des meilleures du territoire.
Une commune de 1 387 habitants
Don compte environ 1 387 habitants, code postal 59272. Le maire est Laurent Gayou, le site municipal est villededon.fr. La commune se situe entre Sainghin-en-Weppes, la Deûle et les portes du bassin d’Allennes-les-Marais.
Cette position explique son histoire. Don est un village de bord d’eau et de bord de rail : le canal d’un côté, la gare de Don-Sainghin de l’autre, avec ses écluses sur le canal de la Deûle. Deux infrastructures lourdes pour une commune de moins de quinze cents âmes — c’est ce qui a fait sa vie économique, et une part de son destin militaire en 1918.
Le Parc de la Louvière, une cascade d’étangs
C’est le site à voir. Le Parc de la Louvière n’est pas un jardin public au sens classique : c’est un ensemble de milieux humides organisés en cascade d’étangs, avec du bois inondé et une flore protégée, dont le jonc noueux.
Trois mots méritent d’être décodés.
Cascade d’étangs : des plans d’eau étagés, reliés entre eux, où l’eau circule lentement. Ce dispositif filtre, régule et crée une mosaïque de milieux — donc de la biodiversité.
Bois inondé : des boisements qui acceptent d’avoir les pieds dans l’eau une partie de l’année. C’est rare, précieux et très sensible au piétinement.
Jonc noueux : une plante de zone humide, protégée, dont la présence signale un milieu en bon état écologique. On la regarde ; on ne la cueille pas.
Dans un plat pays drainé depuis des siècles, un bois qui a le droit d’être inondé est une exception, pas un accident.
Pour la logique d’ensemble des espaces naturels du secteur, lisez notre article sur le Parc de la Deûle : la Louvière en est le pendant sud, plus petit et plus confidentiel.
L’église Immaculée Conception, 1758
Voilà une singularité rare dans les Weppes : une église antérieure à 1914 qui a traversé le siècle. Construite en 1758 et classée Monument historique, l’église de l’Immaculée Conception échappe à la série des clochers reconstruits dans l’entre-deux-guerres que nous décrivions dans Clochers reconstruits du plat pays.
Une église du XVIIIe siècle intacte, dans un territoire qui a perdu la quasi-totalité de son bâti religieux ancien, cela vaut le détour. Regardez la brique, les proportions, la sobriété : c’est un édifice d’avant les grandes restaurations néo-gothiques, et cela se voit.
127 tombes du Commonwealth
Le Don Communal Cemetery, géré par la CWGC, abrite 127 tombes du Commonwealth. Elles sont liées aux postes d’évacuation sanitaire installés dans le secteur à la fin 1918.
Ce détail change la lecture. Contrairement aux grands cimetières allemands d’Illies ou de Wicres, qui correspondent à quatre ans d’occupation, le carré de Don raconte les dernières semaines du conflit — la libération du secteur, l’avancée des troupes britanniques, et les blessés qui meurent à l’arrière juste avant l’armistice.
C’est une mémoire d’hôpital plutôt qu’une mémoire de tranchée. Elle figure dans notre parcours Chemins de mémoire dans les Weppes.
Une demi-journée bien remplie
Le programme s’organise sans effort, tout est proche :
- L’église de 1758, pour commencer par ce qui a survécu.
- Les écluses et le canal, pour comprendre l’économie du village.
- Le Parc de la Louvière, en restant sur les cheminements — les milieux humides ne pardonnent pas le hors-piste.
- Le cimetière communal et ses 127 tombes, en visite courte.
- Une extension vers Marquillies et son musée agricole La Bergerie, ou vers Sainghin-en-Weppes et sa place.
Retrouvez les itinéraires sur nos balades, et les rendez-vous locaux sur l’agenda.
Petite commune, vraies questions
Vivre dans 2,31 km² pose des problèmes concrets : peu de réserves foncières, peu de marge budgétaire, une dépendance forte aux communes voisines et à la métropole pour les équipements lourds. C’est la situation de plusieurs petites communes des Weppes, d’Escobecques (302 habitants) à Wicres (581).
En contrepartie, on y trouve ce que les grandes communes peinent à garder : une échelle où le conseil municipal connaît les habitants par leur prénom, et où une association de quinze bénévoles change réellement la vie du village — voir Les associations, cœur battant des villages.
Pour prolonger : la fiche commune de Don, la rubrique Territoire, l’annuaire et la carte des 25 communes.
Vous avez des photos de la Louvière au fil des saisons, ou un souvenir de la gare en activité ? La gazette prend.
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