Dans les Weppes, on parle volontiers de champs, de cimetières et de clochers. Moins d’usines. Pourtant Santes porte une mémoire industrielle précise, liée au nom Wallaert — une page textile et ouvrière qui a modelé le bâti, les emplois et les mentalités.
Sans cette couche, on ne comprend ni le rapport de la commune à la Deûle, ni la reconversion paysagère du XXIᵉ siècle.
Wallaert, un nom qui pèse
Le textile du Nord a structuré des générations. À Santes, l’empreinte Wallaert s’inscrit dans cette histoire régionale : bâtiments, logements, rythmes de travail, dépendance à une filière aujourd’hui transformée ou disparue sous sa forme ancienne.
Ce patrimoine n’est pas toujours « beau » au sens carte postale. Il est parlant :
- briques d’usine et emprises ;
- proximité de l’eau pour l’énergie, le transport ou le process ;
- bascule ultérieure vers d’autres usages — logistique, friche, reconquête verte.
Une friche n’est pas un vide. C’est un chapitre qui attend sa phrase suivante.
De l’usine au paysage
Le Parc de la Deûle, Prix national du paysage 2006, ne se comprend bien qu’en gardant en tête ce passé productif. On a transformé des abords abîmés en espace public — voir Le Parc de la Deûle. Le port de Santes, plate-forme trimodale des Ports de Lille depuis 2018, prolonge autrement le rapport au fret : moins textile, plus conteneurs et wagons.
L’industrie ne s’est pas « évaporée ». Elle a changé de forme.
Santes, chiffres et voisins
Environ 5 652 habitants, 7,54 km², code postal 59211, maire Hiazed Belabbes, santes.fr. Entre Haubourdin et Wavrin, la commune vit aujourd’hui entre habitat périurbain, équipements, Deûle et mémoire de guerre (Chemin des Blockhaus).
L’église Saint-Pierre (MH 1984) et les châteaux rappellent d’autres élites et d’autres époques. Wallaert, c’est le chapitre travail salarié de masse.
Comment lire ce patrimoine sur place
- repérer les emprises et les silhouettes industrielles restantes ;
- croiser avec le halage et le port ;
- écouter les mémoires orales — anciens ouvriers, familles, photos d’atelier ;
- éviter la nostalgie simpliste : l’usine, c’était aussi la dureté des cadences.
L’annuaire et l’agenda peuvent signaler expos ou conférences locales sur ce thème ; nos balades longent souvent les berges où l’industrie a laissé sa marque.
Pourquoi la gazette y revient
Parce que raconter Santes sans Wallaert, c’est raconter un village sans ses usines. Or le plat pays n’a pas été seulement agricole. Il a été ouvrier, et cette vérité-là mérite autant de place que les Géants de 1977 ou les bunkers.
Pour prolonger : la fiche Santes, la rubrique Territoire, Entre champs et métropole et la carte des 25 communes.
Vous avez des photos d’usine, un livret ouvrier, un souvenir d’équipe Wallaert ? Écrivez à la gazette. L’histoire industrielle se sauve surtout par les archives familiales. ## Mémoires ouvrières à recueillir
Les bâtiments se taisent plus vite que les gens. Anciens de l’usine, enfants d’ouvriers, photos de paie, souvenirs de sirène : c’est maintenant qu’il faut collecter. Dans vingt ans, la couche Wallaert ne sera plus qu’une note d’architecte sur une reconversion.
La gazette propose un cadre simple : témoignages datés, photos légendées, refus du sensationnalisme. L’industrie du Nord a assez souffert des caricatures.
Du textile au conteneur
Le port de Santes, plate-forme trimodale des Ports de Lille depuis 2018, n’est pas la « suite » de Wallaert au sens propre. C’est une autre industrie. Mais la continuité géographique — l’eau, le fret, la main-d’œuvre — autorise le rapprochement. Les Santois vivent cette superposition au quotidien : patrimoine, logistique, parc primé en 2006.
Comprendre Wallaert, c’est comprendre pourquoi Santes n’a jamais été un simple village dortoir. C’était déjà un lieu de production. Cela engage le présent autrement.
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