Dans les Weppes, les cimetières allemands de 1914-1918 sont nombreux : Illies, Wicres, Beaucamps-Ligny, Haubourdin, Wavrin, Fournes-en-Weppes… Salomé figure dans cette liste. Mais elle y ajoute une particularité : des tombes britanniques de 1940 dans le même ensemble.
Deux guerres. Un seul enclos. Ce n’est pas un détail de guide : c’est une manière de lire le sud du territoire.
Ce que l’on voit vraiment
Le cimetière militaire de Salomé rassemble d’abord des sépultures allemandes de la Grande Guerre, comme ailleurs le long de la crête d’Aubers et de ses arrières. Puis, dans le même lieu, des tombes du Commonwealth liées à la campagne de France de 1940.
Une génération sépare les deux séries de tombes. Le terrain, lui, n’a pas changé de place.
1940, dans le Nord, ce n’est pas une abstraction : offensive allemande de mai, percée, retraite alliée vers Dunkerque, combats de retardement. Le secteur de La Bassée et du canal a été un théâtre de ces affrontements. Des soldats britanniques y sont tombés, vingt-deux ans après leurs prédécesseurs.
Salomé, point d’appui du sud weppois
La commune compte environ 3 182 habitants sur 5,30 km², code postal 59496. Maire : Vincent Delautre. Site : mairie-salome.fr. Elle se situe entre Hantay, Illies et La Bassée — exactement la zone où le canal et les routes ont compté en 1940 autant qu’en 1914-1918.
Pour le parcours mémoriel plus large, lire Chemins de mémoire dans les Weppes. Pour le portrait de la commune, Salomé, bourg-charnière.
Comment visiter sans précipitation
Quelques réflexes utiles :
- prévoir du temps : repérer les tombes de 1940 demande plus qu’un passage en voiture ;
- garder un ton sobre — c’est un lieu de sépulture, pas un décor de selfie ;
- croiser les dates : 1914-1918 d’un côté, mai-juin 1940 de l’autre ;
- relier avec le canal d’Aire à La Bassée, qui a structuré les mouvements de troupes comme ceux des péniches.
Le contraste avec Wicres est instructif : là-bas, le vertige vient du nombre (plus de 2 800 sépultures allemandes pour 581 habitants). À Salomé, le vertige vient du mélange des guerres.
Deux mémoires, une même géographie
Pourquoi ce cas est rare dans les Weppes ? Parce que la plupart des cimetières allemands du secteur ont été constitués et figés autour de 14-18. Les tombes britanniques de 1940, elles, suivent souvent d’autres logiques d’inhumation et de concentration du Commonwealth. Qu’elles cohabitent ici avec le registre allemand rend le lieu singulier.
Cela change la visite. On ne lit plus seulement « l’occupation du front ». On lit aussi la continuité du passage des armées sur le même corridor Bassée–canal–Lille.
Après la visite
Trois prolongements concrets :
- l’église Saint-Vaast reconstruite dans les années 1920 ;
- une marche ou un vélo sur le canal vers Hantay ;
- La Bassée, ville-marché et mémoire civile du secteur.
Pour prolonger : la fiche Salomé, la rubrique Mémoire, nos balades et la carte des 25 communes.
Si vous avez identifié une tombe, un régiment, une photo de famille liée à 1940 à Salomé, écrivez à la gazette. Ces fils-là se perdent vite.
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