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Journée nationale de la chips

Le 22 janvier, des calendriers affichent une « journée nationale de la chips ». Elle n’a pas de décret. Elle n’a pas de cortège. Dans le Nord, elle croise surtout l’habitude de la frite — plus ancienne, plus locale, plus sérieuse qu’un slogan de sachet.

22 Janvier · Civile ou commerciale

L’essentiel — ce qu’il faut retenir
  1. Aucune loi française n’institue une journée de la chips : le mot « nationale » vient de listes privées et de relais commerciaux.
  2. La chips de sachet — pomme de terre fine, frite, salée — n’est pas la frite de cabine, même si les deux partent du même tubercule.
  3. Le 22 janvier reste un jour ouvrable : écoles ouvertes, mairies ouvertes, aucun jour chômé pour un paquet croustillant.
  4. Dans les Weppes, on ne recense pas de fête de la chips ; le vrai paysage, ce sont les friteries, les estaminets et le rayon d’Englos.

Ce qu’il faut comprendre

Il faut séparer trois choses. La pomme de terre, arrivée des Andes, devenue plat pauvre puis plat de tous. La frite, emblème du Nord et de la Belgique voisine, vendue en cornet, mangée debout. La chips, plus mince, plus sèche, née comme en-cas industriel et de salon. Le calendrier du 22 janvier parle de la troisième. Il n’annule pas les deux premières.

On prête souvent l’invention de la chips à George Crum, cuisinier de Saratoga Springs, vers 1853 : un client aurait trouvé les frites trop épaisses ; le cuisinier les aurait tranchées jusqu’à l’extrême. L’anecdote circule. Des recettes de « pommes de terre en tranches frites » existent déjà dans des livres du XIXe siècle. L’histoire exacte reste disputée. Ce qui n’est pas disputé, c’est l’industrialisation : huile, sel, sachet, marque.

Appeler ça « journée nationale » trompe autant que pour le fromage ou le Nutella. N’importe qui peut coller un nom sur une date. Le Parlement n’a pas délibéré. Les Weppes n’ont pas à faire semblant d’avoir une tradition de chips le 22 janvier. Elles ont une tradition de pommes de terre dans les champs, et de frites le samedi — ce n’est pas la même fiche.

L’origine

La pomme de terre s’installe en Europe à l’époque moderne. Parmentier, au XVIIIe siècle, en fait une cause française. Les Weppes agricoles connaissent le tubercule comme culture, pas comme folklore de sachet. La chips, elle, devient un produit d’usine au XXe siècle : tranches calibrées, friture continue, emballage sous azote.

Le 22 janvier apparaît sur des sites de « journées mondiales » et dans des articles de presse légère. On n’en trouve pas l’acte fondateur dans le Journal officiel. C’est précisément le type de date que cette gazette doit expliquer sans la gonfler : un prétexte commercial, utile pour parler d’un aliment réel, inutile pour inventer une ducasse.

Repères
DateFait
XVIe-XVIIIe s. La pomme de terre gagne l’Europe ; Parmentier en popularise l’usage en France.
Vers 1853 Récit américain de George Crum à Saratoga : frites tranchées très fines, origine contestée de la chips.
XIXe s. Recettes européennes de pommes de terre frites en lamelles, avant l’industrie du sachet.
XXe s. Industrialisation : marques, sachets, publicité ; la chips devient un en-cas de salon et de pause.
22 janvier Date retenue par des calendriers privés sous le nom de « journée nationale de la chips », sans texte officiel.
Aujourd’hui En Weppes, la frite de cabine reste plus parlante que le sachet ; Englos et les estaminets font le reste.

Comment ça se vit

Rien ne ferme. On va en classe, on va au travail. Ouvrir un sachet n’est pas un rite. Partager une barquette de frites au retour du marché de La Bassée ou d’Haubourdin dit davantage du plat pays que coller un sticker « chips day » sur une vitrine.

Les enfants aiment le croustillant. Les parents regardent le sel. Cette fiche n’est pas un conseil nutritionnel : l’Assurance maladie et Santé publique France parlent d’alimentation ailleurs, sans s’inviter dans une journée commerciale. Ici, on décrit un usage, on ne prescrit pas une ration.

Ici, dans les Weppes

Entre la zone d’Englos-les-Géants et une cabine de frites à Haubourdin ou à Wavrin, le 22 janvier n’invente rien. Les 25 communes n’ont pas de confrérie de la chips, et on n’en crée pas pour l’article. Le voisinage belge se sent dans l’huile et le cornet, pas dans un sachet de grande surface. Si un estaminet sert des chips maison ce jour-là, c’est le menu, pas une cérémonie. Le plat pays reste un pays de pommes de terre et de samedis — le calendrier marketing n’y change pas les champs.

Questions fréquentes

Cette journée est-elle fériée ?

Non. Aucun article du Code du travail ne mentionne la chips. Écoles et services fonctionnent.

Pourquoi le 22 janvier ?

Parce que des calendriers privés ont fixé cette date, sans acte officiel. On n’a pas de décret, pas de traité, pas d’inventeur français nommé pour le jour. La date sert de prétexte, pas de fondation.

Y a-t-il un événement weppois ?

Aucun n’est inventé. Le lien local, ce sont les friteries, les estaminets et les champs de pommes de terre — plus la frite que le sachet, plus le samedi que le 22 janvier.

Sources : Statut commercial (hors Journal officiel) ; récit Crum / Saratoga (vers 1853, disputé) ; pomme de terre en Europe et usage nordiste de la frite ; calendriers privés au 22 janvier.