Dans les Weppes, Haubourdin est la plus peuplée. Mais la plus étendue, c’est Wavrin : 13,59 km² pour environ 7 758 habitants, code postal 59136. Le maire est Alain Blondeau et le site municipal est wavrin.fr.
Cette superficie change tout. Wavrin n’est pas un bourg compact posé au milieu des champs : c’est un territoire avec un centre, des écarts, des terres agricoles, une façade sur le canal et une vraie profondeur rurale. Une ville moyenne du plat pays, au sens propre.
Une commune qui rayonne
Wavrin fonctionne comme un pôle. Commerces, équipements culturels et sportifs, services : elle dessert un bassin de vie qui déborde largement ses limites communales, vers Sainghin-en-Weppes, Santes et Fournes-en-Weppes.
C’est ce qui la distingue des villages voisins de six cents à mille habitants. Là où Wicres ou Le Maisnil dépendent des communes alentour pour l’essentiel, Wavrin propose sur place ce qu’il faut pour une semaine ordinaire. Le mécanisme est décrit dans Marchés et commerces des Weppes.
Le Moulin, de la meunerie à la culture
Le patrimoine wavrinois commence par un nom qui sonne bien : le Moulin Loyer et Léveillé, devenu le Centre culturel du Moulin.
C’est un exemple de reconversion réussie. Un équipement productif — la meunerie, activité centrale d’un pays céréalier — transformé en équipement culturel, sans être ni démoli ni transformé en décor. Le bâtiment garde son nom, sa silhouette et son histoire, tout en servant à autre chose.
Ce type de recyclage se retrouve ailleurs dans les Weppes : la ferme du Bocquiau (1703) devenue centre culturel à Haubourdin, l’ancienne gare reconvertie à Sequedin. Trois communes, une même intelligence du bâti existant.
Un moulin qui devient une salle de spectacle, c’est un territoire qui refuse de choisir entre son passé et son présent.
La Maladrerie de 1625
Voici l’élément le moins connu, et sans doute le plus intrigant : la Maladrerie, datée de 1625.
Une maladrerie — ou léproserie — était un établissement d’isolement et de soin, généralement implanté hors les murs, à l’écart des habitations. On y accueillait les lépreux, puis, à mesure que la lèpre reculait en Europe, d’autres malades contagieux et des indigents.
Un tel bâtiment dit deux choses sur le Wavrin d’Ancien Régime. D’abord que la commune avait une taille suffisante pour justifier un établissement de ce type. Ensuite qu’il existait une organisation charitable structurée, adossée à l’Église ou à une fondation, capable de faire vivre l’institution dans la durée.
La date de 1625 est tardive pour une maladrerie stricto sensu, ce qui suggère un établissement déjà en mutation vers l’hôpital général. C’est un morceau d’histoire sociale rare dans le plat pays.
Le château, l’église, le nom
Wavrin conserve aussi les vestiges de son château et son église Saint-Martin. Le nom de la commune n’est pas neutre : la maison de Wavrin fut l’une des grandes familles de la Flandre médiévale, et elle a laissé son nom à des seigneuries, des branches et une chronique historique. Le village n’était pas un lieu quelconque sur la carte féodale.
976 sépultures allemandes
Comme presque toutes ses voisines, Wavrin porte la marque de 1914-1918. Le cimetière militaire allemand de la commune rassemble 976 sépultures.
C’est moins que les grands ensembles d’Illies (2 890), Wicres (2 824) ou Beaucamps-Ligny (2 628), mais cela reste considérable pour un territoire situé en arrière du front. Le contexte complet figure dans Chemins de mémoire dans les Weppes.
L’eau et le vert
Wavrin est bien dotée : canal de la Deûle, Rigole du Nord, une part du Parc de la Deûle — Prix national du paysage 2006 — et une portion de l’étang de la Gîte, partagée avec Santes.
Voir notre article Le Parc de la Deûle, le paysage qui a mis les Weppes sur le podium, et nos balades pour les itinéraires le long du canal.
Une journée à Wavrin
- Le Centre culturel du Moulin, en vérifiant la programmation sur l’agenda.
- L’église Saint-Martin et les vestiges du château.
- La Maladrerie, à observer depuis l’espace public.
- Le cimetière allemand, en visite sobre.
- Le canal et le Parc de la Deûle, pour finir à pied ou à vélo.
Ce que Wavrin dit du territoire
Une commune de treize kilomètres carrés doit gérer simultanément un centre urbain, des terres agricoles et des espaces naturels. C’est précisément l’équation des Weppes, posée à grande échelle : où construire, quoi préserver, comment relier — les questions traitées dans Entre champs et métropole.
Pour prolonger : la fiche commune de Wavrin, la rubrique Territoire, l’annuaire et la carte des 25 communes.
Une photo du moulin en activité, un document sur la maladrerie, un souvenir du centre-bourg d’avant ? La gazette est preneuse.
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