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Aubers — le tilleul du Joncquoy, arbre remarquable du plat pays des Weppes.
Mémoire · Aubers · 29 juillet 2026

Sous le tilleul du Joncquoy, Aubers compte autrement

À Aubers, un tilleul à petites feuilles tient debout depuis la fin du XVe siècle : il figure sur une carte de 1609, a survécu à un incendie, à la foudre, à deux guerres et à la tempête de 1999. En 2020, il concourait pour le titre d’Arbre de l’année.

Par Rédaction Les Weppes
Gazette · 9 min de lecture
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Aubers — le tilleul du Joncquoy, arbre remarquable du plat pays des Weppes.

Il y a des monuments qui ne sont pas en pierre. À Aubers, au hameau du Joncquoy, un tilleul à petites feuilles monte la garde depuis un peu plus de cinq siècles. Pas de grille, pas de billetterie, pas de panneau lumineux : un tronc large, une écorce crevassée, une couronne qui refait des feuilles chaque printemps avec une obstination presque provocante.

Dans un territoire où presque tout le bâti ancien a été détruit entre 1914 et 1918, cet arbre est probablement le plus vieux témoin encore vivant des Weppes.

Cinq siècles, et une liste d’ennemis impressionnante

La tradition locale fait remonter sa plantation à 1490 — donc à la toute fin du XVᵉ siècle, sous Charles VIII, à une époque où la Flandre romane relevait des Habsbourg. Il faut prendre cette date pour ce qu’elle est : une tradition, transmise localement, et non un acte notarié.

En revanche, la suite est documentée par une belle série de preuves indirectes :

  • l’arbre figure sur une carte de 1609, ce qui confirme qu’il était déjà assez remarquable pour mériter d’être dessiné ;
  • il survit à l’incendie de 1650, dans une région alors régulièrement traversée par les troupes ;
  • il est frappé par la foudre en 1721 — et repart ;
  • il traverse la Première Guerre mondiale alors qu’Aubers est en zone de front, sur la fameuse crête d’Aubers, et que le village est presque entièrement rasé ;
  • il résiste à la tempête de décembre 1999, celle qui a couché des dizaines de milliers d’arbres dans le Nord.

En 2020, il figurait parmi les candidats au concours de l’Arbre de l’année. Une reconnaissance nationale pour un arbre de hameau : les habitants d’Aubers s’en souviennent encore.

Le village a été détruit deux fois. L’arbre, jamais.

Pourquoi un tilleul, et pourquoi là

Le tilleul n’est pas un arbre planté au hasard dans nos campagnes. C’est l’essence des arbres de justice et des arbres de village : on plantait un tilleul près d’une chapelle, d’un carrefour, d’une ferme seigneuriale ou d’un lieu de réunion, parce qu’il donne une ombre large, qu’il vit longtemps et qu’il supporte la taille sévère.

Sa présence au Joncquoy raconte donc quelque chose de la géographie ancienne d’Aubers : celle des hameaux, des chemins de terre et des points de rassemblement, bien avant les lotissements et la départementale. Le tilleul à petites feuilles (*Tilia cordata*) est par ailleurs une essence indigène du nord de la France, capable d’atteindre plusieurs siècles quand on le laisse tranquille.

Aubers, le village autour de l’arbre

Pour comprendre l’arbre, il faut regarder la commune. Aubers compte environ 1 749 habitants sur 10,14 km², soit près de 172 habitants au km², code postal 59249. Le maire est Alain Leclercq ; le site municipal est aubers.fr.

Bourgade rurale des Weppes, à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Lille et en bordure de l’Artois, Aubers a été presque entièrement reconstruite après la Première Guerre mondiale. Le patrimoine visible aujourd’hui mêle donc l’ancien et le relevé :

  • l’église Saint-Vaast ;
  • les mottes et fosses des anciens châteaux de Piètre, traces d’un habitat fortifié médiéval ;
  • un blockhaus allemand rue de Piètre, vestige de la ligne de la crête d’Aubers ;
  • l’Atelier 128, lieu d’art contemporain — une curiosité pour une commune de cette taille ;
  • les étangs de pêche (environ 5 ha) et la grotte Notre-Dame de Lourdes, aménagée en 1958.

Et, à l’écart du bourg, l’Aubers Ridge British Cemetery de la Commonwealth War Graves Commission, qui rassemble plus de 700 tombes, dont celles d’Australiens tombés à Fromelles en juillet 1916.

Aller le voir : mode d’emploi

Le tilleul se trouve au hameau du Joncquoy. Trois conseils avant de partir :

  1. Garez-vous au bourg et faites la fin du trajet à pied ou à vélo. Les routes de hameau sont étroites, et les engins agricoles ont besoin de la largeur.
  2. Respectez le pied de l’arbre. Le tassement du sol autour d’un vieux tilleul abîme ses racines superficielles : on regarde, on photographie, on ne grimpe pas, on ne stationne pas dessus.
  3. Vérifiez la propriété. Certains arbres remarquables du plat pays sont visibles depuis la voie publique mais implantés sur du terrain privé. On admire depuis le chemin.

La bonne saison ? Deux moments valent le détour : fin juin, quand la floraison embaume à vingt mètres et que les abeilles s’en donnent, et novembre, quand la silhouette nue montre enfin la charpente de l’arbre.

Prolonger la sortie

Aubers se combine très bien avec une demi-journée de mémoire ou de nature :

Ce qu’un arbre nous rappelle

Dans les Weppes, on parle beaucoup de 1916, de reconstruction, de béton et de registres de sépultures. Le tilleul du Joncquoy propose une autre échelle de temps : celle où une guerre mondiale n’est qu’un épisode parmi d’autres dans une biographie de cinq siècles.

Si vous avez une photo ancienne de cet arbre, une carte postale du hameau, ou un souvenir de famille au pied du tilleul, écrivez à la gazette. Les archives du plat pays sont dans vos albums autant que dans les livres.

Cet article a été rédigé avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle, puis complété et relu par notre équipe.

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