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Les Weppes

Mémoire · Aubers · 30 juin 2026

À Aubers, le village a disparu. L’arbre, non

Presque entièrement rasée en 1914-1918, Aubers a été relevée brique par brique. Le tilleul du Joncquoy, lui, était déjà là en 1490. Portrait d’un village qui se lit d’abord par ce qu’il a perdu — et par ce qui a tenu.

Rédaction Les Weppes Gazette · 5 min de lecture
Aubers — la crête et le village relevé.
Aubers — la crête et le village relevé.

On entre à Aubers par une route trop droite. Les rues aussi : elles sentent l’entre-deux-guerres, cette géométrie un peu trop nette des villages qu’on a dû redessiner. Ce n’est pas un détail d’urbanisme. C’est le souvenir d’un bourg qui n’existait plus.

La crête d’Aubers n’a presque pas de relief. Quelques mètres, à peine. Dans le plat pays, cela suffit pour voir loin et régler une artillerie. En 1915, les Britanniques s’y sont cassé les dents. En 1916, les Australiens tombés à Fromelles ont été inhumés ici, à l’Aubers Ridge British Cemetery : plus de 700 tombes, un rectangle de gazon au-dessus des champs.

Le village a été détruit deux fois. L’arbre, jamais.

Ce qui a tenu

Au hameau du Joncquoy, un tilleul à petites feuilles monte encore la garde. La tradition le date de 1490. Il figure sur une carte de 1609, survit à un incendie, à la foudre, à deux guerres, à la tempête de 1999. En 2020, il concourait pour l’Arbre de l’année.

Dans un territoire où presque tout le bâti ancien a sauté, cet arbre est probablement le plus vieux témoin vivant des Weppes. Le récit complet est dans Sous le tilleul du Joncquoy. Ici, il sert de mesure : tout le reste est plus jeune que lui.

Ce qu’on a relevé

L’église Saint-Vaast, les fermes, les commerces du bourg : tout cela date, pour l’essentiel, de la reconstruction. Rue de Piètre, un blockhaus allemand reste coincé dans l’habitat — béton dans le village, plus parlant que bien des panneaux. Les mottes des anciens châteaux de Piètre rappellent qu’avant la guerre, il y avait déjà une histoire. Elle est plus difficile à voir.

Aubers n’est pas un musée. On y pêche aux étangs, on y croise l’Atelier 128, on y fait ses courses. La mémoire militaire cohabite avec les lotissements et les engins agricoles. C’est le sujet réel du plat pays : on habite des lieux qui ont été des objectifs.

Comment y aller

Trois arrêts tiennent une demi-journée :

  1. le cimetière britannique de la crête — sans checklist, quelques stèles suffisent ;
  2. le tilleul du Joncquoy, à pied depuis le bourg, sans tasser le pied de l’arbre ;
  3. le blockhaus rue de Piètre, puis la route vers Fromelles.

La fiche d’Aubers donne les infos utiles. Le reste se marche.

Article rédigé avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle, puis complété et relu par notre équipe.

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