Afute
GensMalin, futé, qui a de la ressource. On dit aussi « s’afûter » : se débrouiller.
« I’est afute, ch’biloute : i’ trouve toujours une solution. »
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Créer ma fichePicard, ch’ti, mots de ducasse et de berdouille — le parler qu’on entend encore d’un clocher à l’autre dans les Weppes.
Aucun mot ne correspond — essayez une autre lettre, ou cherchez « ducasse ».
Malin, futé, qui a de la ressource. On dit aussi « s’afûter » : se débrouiller.
« I’est afute, ch’biloute : i’ trouve toujours une solution. »
Maintenant, tout de suite. Classique du picard parlé.
« Asteure qu’il a fini d’plouvoer, on peut sortir. »
Éblouir, aveugler (le soleil, un phare, une idée trop brillante).
« Le soleil m’aviule sur la route d’Fromelles. »
Un peu nigaud, pas très malin — sans être méchant.
« Arrête un peu, t’es pas babache à c’point-là. »
La boue, la gadoue des chemins après la drache. Mot du plat pays par excellence.
« Les chemins sont en berdouille, mets tes bottes. »
Culture reine du plat pays. Les camions de betteraves annoncent l’automne autant que les feuilles mortes.
« Attention sur la départementale : c’est la saison des betteraves. »
La bière, sans cérémonie. On en boit une à l’estaminet, pas un traité d’œnologie.
« On prend une bibine à la buvette ? »
Petit garçon, mon garçon — terme d’affection. Rendu célèbre bien au-delà du Nord.
« Allez, biloute, on rentre : i’ va dracher. »
Jouer aux billes. Souvenir d’école et de cour de récré.
« Les tiots bouleutent encore derrière l’église. »
Grande brocante de rue. Celle de Lille est mythique ; chaque village des Weppes a la sienne, plus modeste et tout aussi sérieuse.
« Dimanche, braderie à Herlies : faut arriver avant huit heures. »
Pleurer. Un mot sec, sans fioriture.
« I’ brait pour un rien, ch’tiot. »
Le sport national du dimanche matin : tables dans la rue, café thermos, chasse aux trésors douteux.
« On fait la brocante puis la messe — dans cet ordre, pour certains. »
Manger avec appétit (voire gloutonnement). Un « brouteux » ne laisse rien dans l’assiette.
« I’ broute comme s’i’ avait pas mangé d’puis hier. »
Qui a un sacré appétit. Compliment ou constat, selon le ton.
« C’est un broutteux : prévois une deuxième tarte. »
Le bar de la fête, tenu par les bénévoles. Centre névralgique de toute ducasse qui se respecte.
« La buvette ouvre dès onze heures — et ferme quand y a plus personne. »
Tiré par les cheveux — argument foireux, excuse un peu trop inventive. Popularisé par le cinéma ch’ti, adopté sans complexe.
« Ton excuse est un peu capillotractée, non ? »
Peureux, qui n’ose pas. Pas forcément une injure — parfois un constat amusé.
« Vas-y, sois pas capon : demande-lui. »
Faribole, blague, histoire à dormir debout. On en raconte volontiers à l’estaminet.
« Arrête tes carabistouilles, raconte plutôt c’qui s’est passé. »
Bœuf mijoté à la bière, plat flamand devenu classique des estaminets. Accompagné de frites, évidemment.
« La carbonnade du jour, avec une blonde. »
Habitant du Nord, et par extension la langue régionale (picard septentrional). Dans les Weppes, on est en Flandre romane : picard, pas flamand.
« Ch’est un vrai ch’timi, celui-là. »
Les (article picard). « Chés Weppes », « chés tiots » — la musique du parler local.
« Chés ducasses, ch’est l’été. »
L’endive. Mot du Nord : au marché, on demande des chicons, pas des « endives belges ».
« Une barquette de chicons et du maroilles, s’il vous plaît. »
Boisson et culture du Nord : on en a fait pousser longtemps, on en met encore dans le café de certains anciens.
« Un café-chicorée, comme autrefois. »
Plus qu’une église : le point de repère du village. « D’un clocher à l’autre » : la mesure des distances weppoises.
« On se donne un coup de main d’un clocher à l’autre. »
Quand les champs deviennent jaunes fluo au printemps : carte postale officieuse des Weppes.
« Les champs de colza derrière Sainghin, fin avril. »
L’équipe bénévole qui fait tenir la ducasse, la brocante et le repas des aînés. Sans lui, le village s’éteint le week-end.
« Le comité cherche encore deux bras pour la buvette. »
La rivière-canal qui borde le sud-est des Weppes (Santes, Haubourdin, Wavrin…). Repère géographique autant qu’affectif.
« On a marché le long d’la Deûle jusqu’à Santes. »
Du flamand « gros cou » : celui qui a la grosse tête, le vantard. Mot belgo-flamand passé dans le parler du Nord.
« Joue pas au dikkenek, on t’a vu démarrer. »
Forte averse, pluie battante. « I’ drache » : il pleut comme vache qui pisse.
« Prends un parapluie : i’ va y avoir de la drache. »
La fête du village, historiquement liée à la dédicace de l’église. Manèges, buvette, bal, brocante : ni kermesse, ni festival — un peu tout ça.
« Y a ducasse à Fournes c’week-end. »
Quand les champs sentent fort au printemps. On ne discute pas météo sans parler d’épandage dans le plat pays.
« Fenêtres fermées : c’est la saison d’l’épandage. »
Café-bistrot du Nord, souvent à l’ancienne : bières locales, carbonnade, conversations qui durent.
« On se retrouve à l’estaminet après la brocante. »
Regarder, guetter. « Qu’est c’tu eutes ? »
« I’ eute par la fenêtre pour voir si l’facteur est passé. »
Paresseux. Se dit volontiers en plaisantant — ou un peu moins.
« Debout, faignant : la ducasse commence sans toi. »
Ne rien avoir, rentrer bredouille. Expression du Nord encore très vivante.
« J’ai fait tintin à la brocante : plus rien dès neuf heures. »
Fête liée au saint de la paroisse. Dans les Weppes, Saint-Vaast et Saint-Martin se partagent une bonne part des clochers.
« La fête patronale tombe tard c’te année. »
La partie de la Flandre où l’on parle (ou parlait) picard, pas flamand. Les Weppes en font partie — d’où les clochers et le ch’ti, pas les polders.
« Ici c’est Flandre romane : picard au café, pas néerlandais. »
Un bon petit plat, un casse-croûte qui tient au corps. Pas de la grande cuisine — mieux : de la vraie.
« Y a du fricot à la buvette, viens. »
Le stand de frites de la ducasse — et par extension les frites elles-mêmes. Priorité absolue sur le reste du menu.
« La friture a déjà la queue jusqu’à la mairie. »
Figure processionnelle portée à bras d’hommes, tradition flamande reconnue par l’UNESCO. Santes a les siens ; d’autres communes aussi.
« Les Géants de Santes sortent pour la ducasse. »
La gueule, la voix, parfois la tronche. « Avoir une belle gouale » : bien chanter.
« I’ a une gouale pour l’harmonie, c’lui-là. »
Fête arrosée, soirée qui tire en longueur. Mot belgo-nordiste, bien compris ici.
« Après le bal, ça a fini en guindaille. »
Orchestre municipal ou associatif — cuivres, bois, défilé. Sans harmonie, pas de vrai cortège de ducasse.
« L’harmonie ouvre le défilé à quatorze heures. »
Fête de l’école ou de la paroisse : stands, tombola, spectacle des enfants. Cousine de la ducasse, plus scolaire.
« La kermesse de l’école, c’est samedi — prenez des tickets. »
Fromage fort du Hainaut / Avesnois, star des plateaux du Nord. On l’aime ou on ouvre la fenêtre.
« Une tarte au maroilles, et le plat pays est complet. »
Ma mie : mon amie, ma femme, affectueusement. Vieux français encore entendu.
« Ma mie est à la brocante d’puis six heures. »
Demi-baguette garnie de frites et de viande — casse-croûte de fête foraine et de soir de match.
« Une mitraillette sauce andalouse, s’il vous plaît. »
La misère, la galère, la situation pourrie. « Être dans la mouise ».
« Sans voiture c’te semaine, on est dans la mouise. »
Comme on appelle encore le picard au village — même si les linguistes préfèrent « langue ». Ce lexique en est un petit écho.
« Grand-père parlait encore patois à table. »
Le genièvre, alcool de grain du Nord. On le boit sec, en café-péquet, ou on le regarde avec respect.
« Un petit péquet pour digérer le fricot. »
La langue d’oïl du Nord — celle qu’on parle (ou qu’on comprenait) dans les Weppes, en Flandre romane. Le « ch’ti » en est la variété septentrionale populaire.
« Ch’picard, ch’est pas l’flamand : ici on est roman. »
Le territoire plat, ouvert, entre champs et clochers. Chez nous : les Weppes, entre Deûle et Bassée, loin des montagnes et des grands discours.
« On vit au plat pays : le ciel, c’est déjà le décor. »
Terrine de viandes en gelée, spécialité flamande. Se mange froid, avec des frites — débat religieux sur la sauce.
« Un potje et des frites : déjeuner de ducasse. »
La tête. « Avoir mal à la quéniole » après la guindaille.
« J’ai la quéniole en compote c’matin. »
Gronder, engueuler. Les parents rachalent ; les enfants font les innocents.
« Arrête, tu vas t’faire rachaler. »
Biscuit épicé du Nord et de Belgique. Dans le café, avec le café, ou écrasé sur un welsh pour les audacieux.
« Le café est servi avec un speculoos — sinon c’est pas un vrai café. »
Pâtisserie du Nord : brioche, sucre, un peu de crème. Présente à toutes les kermesses dignes de ce nom.
« Il reste une part de tarte au sucre à la buvette. »
Petit / petite. « Ch’tiot » : l’enfant. Mot-signature du parler picard.
« Les tiots jouent encore sur la place. »
Cri d’alerte : « vingt-deux, v’là l’patron ! » — attention, quelqu’un arrive. Hérité des ateliers.
« Vingt-deux, v’là la maire qui passe. »
La serpillière. Mot flamand passé en français régional — indéboulonnable dans le Nord.
« Passe la wassingue, y a d’la berdouille dans l’entrée. »
Tranche de pain, jambon, cheddar fondu, parfois un œuf — plat de brasserie du Nord, lourd et consolateur.
« Un welsh et une bière : le menu anti-drache. »
Notre territoire : une vingtaine de communes entre Lille et La Bassée. Le mot vient du germanique « wapja » (mare, terrain humide) — logique, vu la berdouille.
« Ch’est dins les Weppes qu’on vit. »
Ce n’est pas un dictionnaire savant : ce sont les mots qu’on croise encore au café, à la ducasse, sur le chemin après la pluie. Vous en utilisez d’autres chez vous ? Écrivez-nous — on enrichira la liste.