Le nom de Pilly rappelle à Herlies les combats des 18 au 20 octobre 1914 et les 158 morts du Royal Irish Regiment. Mais le paysage où l’on se souvient est aussi celui des promeneurs, des exploitants et des familles d’aujourd’hui. Le monument, inauguré en 2018, ne remplace pas le terrain. Il le désigne.
La commune compte 2 267 habitants sur 7,12 km², code postal 59134. Le maire est Bernard Debeer ; le site herlies.fr tient les informations municipales. Nous avons déjà raconté la bataille et l’étang des Sept Fontaines. Ici, le sujet est le paysage qu’on marche : comment le lire sans figer Herlies dans trois jours d’octobre.
Un nom de lieu que l’on marche encore
Pilly n’est pas seulement une date. C’est un lieu-dit, des champs, des routes, de faibles ondulations. Dans le plat pays, ces ondulations suffisent à expliquer pourquoi le secteur fut disputé dès l’automne 1914, avant que le front ne se fige sur la crête d’Aubers, vers Illies et Aubers.
On peut marcher ce paysage aujourd’hui. Les balades du secteur — dont une boucle explicitement liée à la bataille du Pilly — le permettent, à condition de rester sur les voies autorisées. Une parcelle cultivée n’est pas un espace de visite libre. Un accotement n’est pas un parking de commémoration.
Cette règle n’est pas une restriction morale. Elle est agricole. Herlies, comme Illies, vit de ses champs. Le Pilly se marche sur les chemins. Pas à travers les betteraves.
Octobre 1914, une stèle de 2018
Les faits sont établis : 18-20 octobre 1914, 158 morts du Royal Irish Regiment, monument inauguré en 2018. Un siècle et quatre ans séparent les combats de la stèle. Ce délai dit quelque chose : la mémoire locale a mis du temps à se doter d’un point visible, ou les familles et les associations ont dû porter le projet jusqu’à une inauguration récente.
Le monument ne raconte pas toute la bataille. Il donne un lieu où s’arrêter. Pour le récit, relisez La bataille de Pilly et Chemins de mémoire. Pour la promenade, une pause suffit. Lire les noms, regarder les champs, repartir. Une stèle vaut mieux qu’une visite pressée.
Le Pilly se comprend à pied. La voiture, elle, ne voit qu’une plaine.
L’eau : Sept Fontaines et source de la Layes
Autour du bourg, l’étang des Sept Fontaines offre l’autre grande lecture du paysage. C’est un lieu de promenade, parfois de fête — nous avons suivi celle du 13 juillet 2026. Ce n’est pas un décor de carte postale. C’est de l’eau dans un plat pays drainé, donc précieux.
La source de la Layes (on trouve aussi le nom de Lawe selon les cartes et les usages) se trouve à Herlies. Le fil d’eau part ensuite vers Illies. Nous avons consacré un article à cette source. Pour le marcheur du Pilly, l’eau change la lecture : le paysage n’est pas qu’une plaine de combats. Il est un bassin, discret, qui continue de fonctionner.
On ne piétine pas les berges. On ne traite pas l’étang comme une plage. On regarde, on tourne, on laisse l’eau aux usages prévus.
Ferme Madoue et champs ouverts
La ferme Madoue est l’un des repères ruraux de la commune. Comme Claire-Fontaine à Wicres, elle nomme un lieu autant qu’un bâtiment. On l’observe depuis la voie publique. On ne confond pas une cour de ferme avec un musée d’architecture rurale.
Les champs ouverts font le reste. 2 267 habitants sur 7,12 km² : une densité de bourg agricole, assez de commerces pour tenir un centre — nous avons déjà parlé du bourg et des commerces — assez de terre pour que le Pilly reste un paysage, pas un lotissement de mémoire.
Herlies entre Illies, Fournes et Sainghin
Trois voisins structurent les trajets :
- Illies, la crête, la Layes en aval, 88,5 % agricoles ;
- Fournes-en-Weppes, le bourg de passage, 2 179 habitants ;
- Sainghin-en-Weppes, plus peuplé, plus proche de la Deûle.
Marquillies complète le tableau vers l’ouest. Herlies se situe au centre géographique des Weppes autant qu’au milieu de cette maille. L’annuaire et l’agenda le montrent concrètement. La fiche commune ouvre le portrait.
Marcher le Pilly sans entrer dans les parcelles
- Garez-vous au bourg ou sur un stationnement prévu, jamais sur une culture.
- Suivez un tracé parmi les balades ; le hors-sentier n’apprend rien.
- Une pause au monument de 2018, puis l’étang ou la source, pas les trois en courant.
- Respectez Madoue et les fermes : regards depuis le chemin.
- Vérifiez herlies.fr et l’agenda s’il y a une cérémonie.
Herlies ne vit pas dans une date. Les Sept Fontaines, les associations, les rues du bourg forment une vie présente. La mémoire est plus juste lorsqu’elle cohabite avec ce qui continue.
Vous avez une histoire familiale, une carte postale du Pilly, un souvenir de l’inauguration de 2018, une photo de l’étang ou un repère paysager ? Contactez la gazette : la mémoire locale se transmet avec prudence et précision. Les champs, eux, n’ont pas besoin qu’on les invente.
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