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Haubourdin — la plus peuplée des Weppes, ville de mémoire autant que ville-porte de la métropole.
Mémoire · Haubourdin · 3 août 2026

À Haubourdin, vingt-et-un soldats russes sous les mêmes peupliers

La nécropole nationale d’Haubourdin abrite vingt-et-un soldats russes morts en 14-18. À quelques rues, un cimetière allemand ouvert en 1915 rassemble 1 627 corps. Deux lieux, une même ville décorée de la Croix de Guerre.

Par Rédaction Les Weppes
Gazette · 9 min de lecture
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Haubourdin — la plus peuplée des Weppes, ville de mémoire autant que ville-porte de la métropole.

On imagine la mémoire de 1914-1918 en rase campagne : un carré de croix entre deux champs, un blockhaus au bout d’un chemin. À Haubourdin, elle est urbaine. Elle se trouve entre des rues habitées, à quelques minutes de la gare, dans la commune la plus peuplée des Weppes.

Et elle réserve une surprise : parmi les sépultures de la nécropole nationale, vingt-et-un soldats russes morts pendant la Grande Guerre.

Pourquoi des Russes dans le Nord

La question mérite d’être posée, parce que la réponse n’est pas évidente pour qui n’a en tête que le front de l’Est.

Plusieurs cas de figure ont amené des soldats de l’Empire russe sur le sol français durant le conflit. Des unités du corps expéditionnaire russe ont combattu en France à partir de 1916. Surtout, des milliers de prisonniers russes capturés à l’Est ont été transférés vers l’Ouest par l’armée allemande et employés à des travaux de force à l’arrière du front — construction de positions, terrassement, logistique. Beaucoup sont morts d’épuisement, de maladie ou de mauvais traitements, loin de tout registre soigneusement tenu.

Dans un secteur comme les Weppes, occupé de la fin 1914 à 1918 et truffé de chantiers militaires — blockhaus, dépôts, voies —, la présence de main-d’œuvre prisonnière n’a rien d’un détail. Ces vingt-et-une tombes en sont la trace la plus visible.

Vingt-et-un noms qui ne devaient rien à cette plaine, et qui y sont restés.

La nécropole nationale d’Haubourdin

Une nécropole nationale est un cimetière militaire géré par l’État français. Elle rassemble des corps de soldats morts pour la France, souvent regroupés après-guerre depuis des tombes provisoires dispersées, et peut accueillir des sépultures de combattants alliés ou étrangers — comme ici.

La visite ne demande pas d’équipement particulier, mais elle demande une tenue : ce sont des tombes, pas un site touristique. Lisez les stèles, prenez le temps, et gardez le silence que le lieu appelle.

Le cimetière allemand : 1 627 corps, ouvert en 1915

À Haubourdin, la mémoire ne s’arrête pas là. La ville abrite aussi un cimetière militaire allemand, ouvert dès 1915 et rassemblant 1 627 corps.

La date est parlante. Dès la première année de stabilisation du front, l’armée allemande organise ses sépultures à l’arrière immédiat de ses lignes. Haubourdin est alors une ville occupée, en zone de cantonnement et de soins. Le cimetière n’est pas un aménagement d’après-guerre : c’est un équipement de guerre.

Cela place Haubourdin dans la série des grands cimetières allemands des Weppes, avec Illies (2 890 soldats), Wicres (2 824), Beaucamps-Ligny (2 628) et Wavrin (976). L’ensemble est détaillé dans Chemins de mémoire dans les Weppes.

Une ville décorée de la Croix de Guerre

Haubourdin a reçu la Croix de Guerre, distinction attribuée aux communes ayant particulièrement souffert du conflit. C’est le même honneur que porte La Bassée, rasée deux fois.

Cette décoration rappelle une évidence trop souvent oubliée : dans les Weppes, la guerre n’a pas seulement tué des soldats. Elle a occupé, réquisitionné, évacué, affamé et détruit des populations civiles. Le rappel le plus net reste la stèle des 20 000 de Radinghem-en-Weppes, racontée dans La stèle des vingt mille.

Haubourdin aujourd’hui : 15 000 habitants et deux visages

La commune compte environ 15 074 habitants sur 5,38 km², code postal 59320. Le maire est Pierre Beharelle et le site municipal est haubourdin.fr. C’est une ville-porte : gare, commerces, équipements, densité urbaine — et pourtant un ancrage weppois assumé.

Le patrimoine y est varié :

  • le château Beaupré, devenu lycée ;
  • la ferme du Bocquiau (1703), reconvertie en centre culturel ;
  • les anciennes usines Lever et la teinturerie Sander, mémoire industrielle de la ville ;
  • l’église Saint-Maclou (1867) ;
  • le monastère Sainte-Claire.

Côté nature, le canal de la Deûle, le secteur de Canteraine rattaché au Parc de la DeûlePrix national du paysage 2006 — et le parc d’Herbigny. De quoi équilibrer une journée : mémoire le matin, verdure l’après-midi.

Organiser la visite

  1. Commencez par la nécropole nationale, avant les groupes et avant la chaleur.
  2. Enchaînez avec le cimetière allemand, pour saisir la double lecture du même conflit dans une même ville.
  3. Reprenez souffle au bord du canal ou au parc d’Herbigny.
  4. Terminez par le centre-ville et ses commerces : voir Marchés et commerces des Weppes.

Deux réflexes : pas de photos de recueillement sans discrétion, et pas de pique-nique dans l’enceinte des cimetières. Cela paraît évident ; cela ne l’est pas toujours.

Prolonger

La fiche commune d’Haubourdin, la rubrique Mémoire, la carte des 25 communes, nos balades et l’agenda des commémorations.

Si vous connaissez l’histoire d’un des vingt-et-un noms russes, ou si votre famille conserve un témoignage sur l’occupation d’Haubourdin, écrivez-nous. Les tombes sans récit sont les plus fragiles de toutes.

Cet article a été rédigé avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle, puis complété et relu par notre équipe.

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