1703. La date est gravée dans l’histoire locale d’Haubourdin plus sûrement que bien des slogans. La Ferme du Bocquiau, élevée au début du XVIIIe siècle, n’est plus une exploitation : c’est un centre culturel. Dans la plus peuplée des Weppes — environ 15 074 habitants sur 5,38 km² — cette reconversion dit quelque chose d’essentiel.
Code postal 59320, maire Pierre Beharelle, site haubourdin.fr.
D’une ferme à un équipement de ville
Haubourdin a connu l’industrie (Lever, teinturerie Sander), la guerre (Croix de Guerre, nécropole, cimetière allemand), la densification métropolitaine. Garder une ferme de 1703 et lui donner une fonction publique, c’est refuser que la ville-porte n’ait que des usines et des lotissements dans son récit.
Réemployer une ferme, c’est garder la mémoire du sol sans figer le présent.
Aujourd’hui, le Bocquiau accueille spectacles, ateliers, rencontres — selon programmation. L’agenda des Weppes et le site municipal restent les meilleurs points d’entrée.
Une lecture en réseau
La Ferme Bocquiau se comprend avec d’autres pièces haubourdinoises :
- le château Beaupré, devenu lycée ;
- l’église Saint-Maclou (1867) ;
- le monastère Sainte-Claire ;
- les parcs Herbigny et Deûle / Canteraine ;
- le patrimoine industriel Lever / Sander.
Ce n’est pas une liste de checklist touristique : c’est la densité d’une vraie petite ville.
Comparer avec le Fromez hallennois
À Hallennes-lez-Haubourdin, la Ferme du Fromez (XVIIe, MH 1984) reste surtout un témoin bâti. À Haubourdin, le Bocquiau a basculé dans l’usage culturel. Deux stratégies, un même héritage agricole en frange métropolitaine.
Visiter utilement
- Vérifier la programmation avant de venir.
- Croiser avec une marche au Parc d’Herbigny ou vers la Deûle.
- Relier à l’annuaire (associations, compagnies).
- Situer dans la fiche Haubourdin.
Nos balades proposent des boucles urbaines et de berge.
Prolonger
Rubriques Portraits et Territoire, carte des 25 communes. Vous avez des archives de la ferme avant sa reconversion ? La gazette documente volontiers ce passage de l’étable à la scène.
Culture de proximité dans une ville-porte
Un centre culturel n’a de sens que s’il est fréquenté. À Haubourdin, le Bocquiau joue ce rôle de « salon public » : on y croise des publics scolaires, des associations, des habitants qui ne mettraient pas les pieds dans une salle parisienne, et des artistes régionaux en quête d’une scène à taille humaine.
La gazette encourage à croiser la programmation culturelle avec l’agenda des Weppes et l’annuaire des compagnies. Une ferme de 1703 qui sert encore, c’est exactement le genre de continuité que le plat pays sait inventer quand il refuse de choisir entre patrimoine et vie.
Une ferme dans la ville dense
Ce qui rend le Bocquiau singulier, c’est précisément son insertion urbaine. On n’y accède pas après vingt minutes de chemins creux : on y arrive depuis des rues habitées, des commerces, parfois depuis la gare. La ferme de 1703 devient alors un rappel permanent : Haubourdin a été agricole avant d’être industrielle, industrielle avant d’être surtout résidentielle et de services.
Cette stratigraphie vaut le détour autant qu’un musée. Elle se visite en assistant à un spectacle, en croisant une association, en simplement regardant la cour. Le patrimoine utile est celui que l’on fréquente.
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